La rentrée commence bien pour la RATP. Sa filiale RATP Dev aurait décroché un méga contrat pour gérer durant dix ans le futur métro automatique de Riyad face notamment à Keolis.

Le groupe français se serait vu signifier par l'autorité organisatrice de Riyad l'obtention de son succès, “dont la confirmation par le gouverneur de Riyad est attendue dans les semaines qui viennent“ affirme La Lettre de l'Expansion du 29 septembre 2017. Interrogé par MobiliCités, le service de presse de la RATP "ne souhaite pas faire de commentaires" de peur sans doute de froisser les autorités saoudiennes en criant victoire avant qu'elle ne soit officialisée. Mais il ne dément pas non plus…

Six lignes automatiques

Selon la lettre hebdomadaire, le contrat porte sur la mise en service, l'exploitation et la maintenance sur dix ans des six nouvelles lignes (176 kilomètres et 85 stations), toutefois cette affirmation reste à vérifier. Les Saoudiens avaient mis en concurrence différents lots avec la possibilité de différencier l'exploitant selon les lignes. "Ce n'est pas aussi clair et il faut attendre que cela se décante lot par lot", indique-t-on du côté de Keolis où on signale ne pas avoir été averti par Riyad d'une quelconque décision finale.

Les français RATP et Keolis n'étaient pas les seuls en lice. D'autres groupes se trouvaient dans cette compétition, comme l'opérateur de Hong Kong MTR ou le britannique Serco qui a des références dans le Golfe avec le métro de Dubaï. Il semble qu'un groupement sud-coréen figurait également parmi les concurrents. Reste que l'autre probable lauréat serait l'italien Ansaldo qui serair bien placé pour exploiter une partie minoritaire du réseau de métro automatique.

Une vitrine au Moyen-Orient

Si le contrat dont le montant devrait être très conséquent est confirmé, Riyad promet de devenir pour la RATP une sorte de vitrine au Moyen-Orient. Dans la capitale saoudienne, le groupe exploite déjà un réseau de bus très conséquent avec le saoudien Saptco. Il pourrait donc y ajouter aussi l'exploitation d'un métro très étendu. Comme à Paris…
 
Cette victoire d'un groupe français devrait réjouir la ministre des Transports Elisabeth Borne qui était encore voici quelques mois PDG de la RATP même si l'initiative de répondre à ce marché date de la fin du mandat de Pierre Mongin.

Quoiqu'il en soit, il permettra à la nouvelle PDG du groupe, Catherine Guillouard, de constater que le tableau de marche de RATP Dev est orienté dans le bon sens. Selon le plan stratégique 2025, le chiffre d'affaires de la filiale dirigée par Laurence Battle doit passer de 1 à 2 milliards d'euros d'ici à 2025.

Dans le Golfe persique, RATP Dev attend la réponse à un autre appel d'offres pour l'exploitation du métro de Doha au Qatar. Mais cette fois elle est associée à… Keolis. 

Marc Fressoz