On n'en est pas encore au stade de Stockholm où certains voyageurs du réseau de transport se font implanter des puces RFID sous cutannées pour valider leur voyage sans passe ni smartphone, comme le raconte le journal . Mais l'Île-de-France va faire un pas de plus vers la dématérialisation la plus diversifiée du ticket promis à terme à la disparition. Dès fin 2018, un nouveau passe Navigo non nominatif remplacera les tickets magnétiques et servira de porte-monnaie électronique pour les tickets et forfaits semaine.

En outre, les premières expérimentations pour la validation du passe Navigo via smartphone NFC "se feront dès 2018", a annoncé, le 3 octobre 2017, la présidente de la région Île-de-France et présidente d'Île-de-France Mobilités Valérie Pécresse, lors d'une conférence de presse. Cette expérimentation débutera "au second semestre 2018", précise dans un communiqué de l'autorité organisatrice. Cette dernière a passé un partenariat industriel avec Gemalto et Dejamobile pour la réalisation de la solution billettique sans et les composants logiciels, et Wizway pour la gestion de la liaison avec les opérateurs mobiles. L'avantage, c'est qu'il ne sera pas nécessaire de changer les valideurs.

Concrètement, cette évolution permettra aux usagers "de voyager grâce à leur smartphone", explique l'élue. "Au même titre qu'avec un ticket ou un passe Navigo aujourd'hui, ils pourront franchir les portiques de validation grâce à des titres de transport dématérialisés et enregistrés sur leur téléphone mobile." La présidente de l'autorité organisatrice ajoute que "ces validations se feront via la carte SIM, donc si le téléphone est déchargé, on pourra quand même valider son ticket".

3 millions de personnes à terme

Passée la phase de test, "ce service sera actif sur l'ensemble du réseau francilien à partir de l'été 2019. Compte tenu des contraintes techniques liées à cette technologie (compatibilité du smartphone, opérateur mobile, type de carte SIM), on estime à 900.000 le nombre d'usagers qui pourront l'utiliser dès 2019", précise Île-de-France Mobilités. A terme, ce service pourra être utilisé par trois millions" de personnes.

L'autorité organisatrice francilienne avait annoncé, en juin 2016, un plan de développement du numérique sur le réseau régional visant à permettre à terme aux usagers d'utiliser leur smartphone à la place de leur titre de transport ("smart Navigo"), de profiter de l'open data pour connaître le trafic en temps réel ou tout simplement de se connecter à internet via la 4G ou le wi-fi dans les transports en commun.

Une sûreté sous commandement unique

Le conseil d'administration d'Île-de-France mobilités a également acté le financement, à hauteur de 8,5 millions d'euros d'un centre de coordination opérationnelle de sûreté (CCOS), qui regroupera "la préfecture de police et les référents sûreté de l'ensemble des opérateurs de transport sur un même site, permettant d'optimiser l'action des différentes forces de sûreté dans les transports publics franciliens". 

La maîtrise d'ouvrage du projet est confiée au préfet de police avec l'objectif d'une mise en service à l'automne 2019. La SNCF participe également au financement pour 2,5 millions d'euros et la préfecture de police pour un montant de 2 millions d'euros.

Enfin, le syndicat des transports a décidé de modifier 158 lignes de bus d'Île-de-France, "pour mieux faire correspondre l'offre de bus aux besoins des voyageurs". Cela représente "une augmentation de l'offre de 21% en moyenne sur les lignes concernées et un effort financier de 35 millions d'euros annuels".

Marc Fressoz avec AFP