Pour l'association "Non au CDG Express", ce projet va "à contre-courant des besoins de transport au quotidien" pourtant au coeur des Assises de la mobilité, lancées mi-septembre par le gouvernement et qui doivent redéfinirles priorités d'investissements.

L'association a déposé fin mai une requête en annulation de la déclaration d'utilité publique de cette desserte qui doit relier, à temps pour les Jeux olympiques de 2024, la gare de l'Est au terminal 2 de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle en 20 minutes et pour 24 euros.

Non suspensif, ce recours a des "chances sérieuses d'aboutir", a affirmé l'avocate de l'association lors d'une conférence de presse, citant le précédent de la LGV Poitiers-Limoges dont la déclaration d'utilité publique a été annulée en 2016 par le conseil d'État en raison notamment des "insuffisances" de l'évaluation économique et sociale du projet.

Pour Didier le Reste, conseiller de Paris et ancien patron de la CGT-Cheminots, il faut donner "la priorité aux transports du quotidien" alors que l'Île-de-France est au bord de "l'asphyxie" avec des bouchons qui peuvent atteindre "540 kilomètres" certains jours, que "le réseau de transport est totalement saturé" et que l'urbanisation va encore en accroître la fréquentation.

Un risque de "ségrégation territoriale"

L'association propose de doubler le tunnel entre les gares de Châtelet et Gare du Nord, où circulent les RER B et D, "d'investir dans du matériel roulant neuf" ou encore de réaliser le "bouclage" du RER B entre Mitry-Claye et l'aéroport pour que les habitants du nord de la Seine-et-Marne puissent se rendre plus facilement à l'aéroport.

Charlotte Blandiot-Farid, la maire communiste de Mitry-Mory (Seine-et-Marne) s'est dit prête à des actions de "désobéissance citoyenne" pour retarder les travaux du CDG Express, soit "152 trains qui vont passer chaque jour à 140 km/h" sous le nez de ses administrés.

Elle a également exprimé son inquiétude quant à un possible abandon du tronçon nord de la future ligne 17 qui constituerait une "double peine" pour les habitants.

"Maintenant qu'on a eu les JO, on supprime la ligne 17" qui était dans le dossier de candidature, contrairement au CDG Express, s'est indigné Didier Le Reste. Pour lui, l'argument des JO est "démagogique" puisque c'est le RER B qui desservira les sites olympiques et non cette "desserte de riches" qui risque d'accentuer "la ségrégation territoriale".

AFP