La fourniture des nouvelles rames sur pneus du métro de Marseille, qui doivent être déployées à partir de 2021, constitue un des prochains objectifs de CAF sur le marché français. Et l'occasion de tourner la page après le marché perdu face à Alstom-Bombardier pour la fabrication des RER NG en Île-de-France.

Le constructeur espagnol, installé à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées, a profité de la tenue des RNTP à Marseille pour annoncer son choix de constituer un consortium avec Thales afin de concourir à cette compétition qui va s’ouvrir.

"Le marché qui va être lancé inclut les automatismes et Thales a une grande expérience en la matière", explique Francis Nakache, directeur général de CAF France. Estimé à quelque 500 millions d'euros, ce marché lancé par la métropole Aix Marseille Provence consiste à la fois en la fourniture de 38 rames et dans l'automatisation des deux lignes de métro de la RTM qui se passera à terme de conducteur.

Cette alliance franco-espagnole n’est pas une première. Le groupe CAF et Thales ont déjà fait leur preuve ensemble en matière de métro à automatiser. Fin 2013, ils ont remporté au Chili un contrat de 452 millions de dollars pour fournir de nouvelles rames et équiper d'un système de signalisation CBTC le métro de Santiago.

On ignore encore qui seront les autres groupes en lice. Alstom devrait également être de la partie, mais ce serait alors indépendamment de Siemens dans la mesure où les deux groupes restent concurrents tant que leur mariage n'est pas prononcé. Reste aussi à savoir si Bombardier se lancera.

Pour l'instant, le cahier des charges permettant de lancer la phase finale de l'appel d'offres n'est pas encore publié, l'attribution étant envisagée en 2018. La métropole Aix-Marseille-Provence, l'autorité organisatrice qui est aussi le maître d'ouvrage de l'opération, est sortie des sentiers battus pour se faire accompagner. Alors que Systra et Egis ont souvent la préférence des autorités organisatrices et des exploitants français, la collectivité a confié, en 2016, la maîtrise d'œuvre de la modernisation du métro au géant américain de l'ingénierie Parsons avec le français Assystem comme sous traitant. Est-ce annonciateur d'un choix de constructeur qui pourrait bousculer les schémas habituels ? 

En tout cas, CAF joue gros alors que la concentration du marché de l'industrie ferroviaire mondiale s'accélère. Un échec pourrait hâter les réflexions des constructeurs espagnols, CAF et Talgo, au sujet d'un éventuel rapprochement pour faire le poids face à CRRC et au futur Siemens-Alstom.

Marc Fressoz