En 2016, OUIBUS a atteint l’équilibre parfait mais pas celui qu’espère tout gestionnaire d’entreprise. A chaque fois qu’il a vendu pour 1 euro de billet, il a perdu 1 euro. C’est ce que traduisent les comptes de l'exercice passé qui viennent d’être publiés au greffe.

L’an passé, la filiale autocar de SNCF Mobilités a réalisé son plus beau chiffre d’affaires avec 45,70 millions d’euros de ventes, en hausse de 20 millions d'euros par rapport à 2015, compte tenu de l'augmentation continue de l'offre en France.

Mais le résultat net négatif s’est lui aussi creusé à un niveau historique : 45,67 millions d’euros au lieu des 40,70 millions de pertes atteintes en 2015.

Certes, le chiffre d'affaires augmente, mais l'entreprise peine à contrôler la sortie de route de son déficit. Le groupe de Guillaume Pepy prévoit toutefois que les pertes 2017 soient contenues à 30 millions d'euros. OUIBUS a infléchi sa stratégie en se plaçant notamment sur le marché de la desserte aéroportuaire.

Au total, depuis le lancement de cette activité d'abord appelée iDBUS, le déficit cumulé atteint la centaine de millions d'euros. De quoi s'interroger sur le modèle économique de OUIBUS.

Flixbus, qui dispute à OUIBUS la place de numéro un du marché en termes de trafic sur les lignes Macron, annonce qu'il atteindra l'équilibre bientôt. Mais difficile de le vérifier. En effet, l'autocariste, basé en Allemagne et qui a dans son capital deux gros fonds américains dont General Atlantic (Uber, AirBnB, etc.), ne publie jamais ses comptes.

Marc Fressoz