Dans certaines villes, l'opposition à la réforme du code du travail mobilisait fortement les chauffeurs, notamment à Nice où la CGT ultra-majoritaire dans le réseau urbain a clairement appelé à la grève "contre les ordonnances Macron" et réussi à paralyser totalement le réseau.

Au total, 127 préavis de grève ont été déposés pour la journée. Paris et sa région ne sont pas concernés car le mouvement s'inscrit dans des discussions engagées depuis plus de deux ans sur la convention collective des salariés de la branche hors RATP, soit 52.000 personnes.

Selon Jacky Albrand (CGT), la mobilisation "est variable d'un réseau à l'autre", mais globalement "importante". "On sent qu'il y a une véritable attente des salariés pour renforcer la convention collective dans le contexte économique et social actuel de remise en cause de la hiérarchie des normes", explique à l'AFP le représentant syndical.

Dans leur appel à la grève, les six syndicats (CFDT, CGT, FO, Unsa, CFTC et CFE-CGC) demandent au patronat de "revoir ses positions afin d'ouvrir des droits conventionnels nouveaux d'un haut niveau social", seule façon selon eux de mettre à l'abri les salariés de la "spirale concurrentielle" et d'accords d'entreprise moins disants que la convention de branche.

A l'issue d'une dernière séance de négociation sur la sécurisation des parcours professionnels, lundi, les six syndicats ont déploré que l'Union des transports publics et ferroviaire (UTP) "soit restée sourde à la plate-forme revendicative unitaire".

Ils réclament la mise en place d'un temps partiel avec une rémunération bonifiée pour les salariés en fin de carrière, l'instauration de congés d'ancienneté, la revalorisation des salaires minimums bloqués depuis trois ans et l'inscription d'un 13e mois dans la convention collective.

Mais pour l'organisation patronale, "la motivation de la grève trouve d'autres raisons que les négociations de branche" et s'explique "d'abord par l'opposition aux ordonnances travail", a expliqué à l'AFP Claude Faucher, délégué général de l'UTP. "Quelles qu'aient été les réponses que nous aurions pu apporter sur la sécurisation du parcours professionnel, les syndicats n'auraient pas levé leur préavis", estime-t-il.

Sur le dispositif de fin de carrière, l'UTP refuse toute automaticité et souhaite que les employeurs puissent refuser le temps partiel pour des raisons de "contraintes d'organisation du travail". Enfin, elle ne souhaite pas anticiper les discussions sur les questions salariales et renvoie à la "date prévue" en février 2018.

AFP
 
Le point sur la grève dans les réseaux
 
Le mouvement était notamment très suivi à Marseille sur le réseau bus et tram (80% et 75% de grévistes), moins côté métro (30%), où selon la régie RTM le trafic est assuré à 50% sur une ligne, normal sur l'autre.

A Lille, aucun bus ne circulait sur le réseau urbain en début de matinée, avant de reprendre progressivement.

A Grenoble, seulement un bus et un tram sur deux roulaient dans la zone urbaine, tandis qu'à Dijon, le tiers des transports était assuré (tram à l'arrêt) et 40% du trafic perturbé à Clermont-Ferrand.

A Bordeaux, la fréquence des trams était ralentie et une trentaine de lignes de bus à l'arrêt ou perturbées. Idem à Strasbourg où l'attente pouvait grimper à 1 heure sur certaines lignes de bus.

Dans l'Ouest, les fréquences des bus et tramways ont également été réduites, notamment à Angers où plus de la moitié des agents étaient en grève, et à Brest (68% de grévistes). Au Havre, 10 à 30% du trafic bus était perturbé, 22% à Rouen.

En revanche, à Rennes, quelques lignes de bus seulement étaient touchées et le métro normal, et à Nantes, seul le service de nuit devait être impacté.
 
A Perpignan, les bus étaient légèrement perturbés, comme à Lyon où métros, funiculaires et tramways circulaient comme d'habitude. La grève n'avait aucun impact à Toulouse.

AFP