Joli succès pour le nouveau bus électrique articulé du constructeur basque espagnol Irizar qui avait été présenté en avant-première aux RNTP de Marseille. Après la Côte basque Adour, la métropole d'Amiens va s'équiper de 43 exemplaires de son ie tram dans le cadre d'un plan de 122 millions d'euros de refonte de son réseau, a annoncé la collectivité, le 23 octobre 2017, au salon Busworld de Courtrai.

A partir de 2019, ces véhicules, au design proche de celui d'un tram, circuleront sur trois des quatre futures lignes du réseau de bus à haut niveau de service (BHNS), proposant un niveau de confort plus important et une fréquence de passage plus élevée. Cette étape permet à Amiens de tourner définitivement la page du projet de tram classique sur voie ferrée abandonné en 2014 après un changement de majorité, tout en proposant une alternative aux bus classiques.

Longs de 18 mètres et d'une capacité dépassant les 140 places, ces bus se rechargeront "à des emplacements stratégiques de la ville, à la fin ou au début de chaque ligne", grâce à une opération qui se déroule en "cinq minutes environ", précise le futur propriétaire. Le matériel conçu par Irizar est doté d'un pantographe, ce qui permet le biberonnage en cours d'exploitation. "Ce type de charge intervient lorsque le véhicule ne possède pas l’autonomie nécessaire pour compléter la journée, en réalisant des charges pendant le parcours en plus de la charge au dépôt", précise Amiens Métropole.

Rappel sur la genèse du projet

Parmi les conditions retenues, "ce nouveau système de transport électrique ne devait émettre aucun polluant atmosphérique", rappelle la Métropole, qui exploite actuellement 140 bus pour desservir 33 communes, de 180.000 habitants.

Après l'abandon en 2014 du projet de tram fer, la métropole picarde a donc lancé sa démarche de recherche d'une solution de BHNS électrique en 2016 : "Un dialogue compétitif a été lancé auprès de constructeurs mondiaux en vue de l’acquisition de matériel roulant zéro émission polluante", rappelle la collectivité présidée par Alain Gest (LR).
 
A l’issue d’une consultation de plusieurs mois, "le modèle économique a été affiné et s’est tourné vers une technologie électrique avec charge rapide en terminus et charge intelligente au dépôt". Au final, l'offre du groupe Irizar a été retenue. Au même moment, le constructeur espagnol recevait le prix de l'autocar de l'année 2018 au salon Busworld pour son modèle i8...

Marc Fressoz