"Ah bon, c'est payant ?!??!" ; "C'est ma tante qui a ma carte de transport !" ; "Moi qui pensais avoir un ticket avec TAG !" Grenoble a choisi le ton de l'humour pour sa première campagne de communication visant à lutter contre la fraude. Les trois déclinaisons sous forme de bulles de BD sont inspirées des excuses les plus fréquentes des fraudeurs.
 
Ainsi, du 20 octobre au 22 novembre, ce sont 900 affiches qui seront déployées aux 600 arrêts de bus et 300 stations de trams. La campagne de communication sera également déclinée sur les écrans embarqués des véhicules et les réseaux sociaux.
 
Cette campagne intervient à l'occasion du changement des tarifs des amendes forfaitaires de 3e classe sanctionnant les infractions pour défaut de titre valide : le paiement sur place passe de 51,50 à 61 euros ; le paiement sous dix jours de 67,50 à 86 euros et le paiement du 11e jour jusqu'à deux mois de 89,50 à 11 euros.
 
Ainsi, aux stations, un autre message sera déployé : "sans ticket, le tram est au prix de l'avion – 111 euros l'amende pour absence de titre". En outre, des stickers seront collés à l'intérieur des rames et les quatre stations de tram les plus fréquentées seront habillées aux couleurs de la campagne.

 

De nouvelles méthodes pour surprendre les fraudeurs
 
La fraude représente un manque à gagner de 2 millions d'euros par an, soit l'équivalent de l'achat de cinq bus. Voici deux ans, la Semitag a renforcé sa politique de lutte contre la fraude avec le dispositif "Tous en règle !". Au total, 54 "contrôleurs-voyageurs" contrôlent plus de 15.000 usagers par jour sur un total de 400.000 voyages. Résultat, une baisse de la fraude sur les trois modes : -4,3 points sur les lignes de bus Chrono par rapport à 2014 (8,2% en 2016), -1,6 point sur les lignes de tramway (12,2%). Globalement, le taux de fraude en 2016 s'établit à 10,9% (-0,7 point).

Pour obtenir ce résultat, la Semitag a mis en place de nouvelles méthodes de contrôle. Une douzaine au total qui visent à surprendre les fraudeurs. Parmi celles-ci, le contrôle en nombre. "Quand une équipe de six contrôleurs rentre dans une rame de tramway, elle ne peut pas contrôler les quelque 350 voyageurs présents, explique Philippe Chervy, dg de la Semitag dans le dossier de presse. L'intervention en nombre permet de contrôler tous les usagers d'une rame en moins de deux minutes. L'intérêt est double : le tramway n'est pas ralenti et l'effet est percutant."

En outre, un agent de maîtrise accompagne l'équipe de contrôleurs afin de vérifier l'avance/retard pris et la durée du contrôle. "On ne doit pas bloquer une rame de tramway plus de deux minutes. Les contrôles ne doivent pas se faire au détriment de la qualité de service", souligne Philippe Chervy.

Une diversification des moyens de paiement
 
De plus, les fraudeurs n'ont plus d'excuses, car la Semitag déploie de nouvelles solutions pour acheter son billet : TAG&Pass, le paiement via son smartphone qui permet de valider son trajet et de bénéficier d'un tarif privilégié : 1,43 euro le voyage contre 1,60 le ticket unitaire. En outre,
dix guichets de la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes répartis dans sept communes permettent de recharger sa carte d'abonnement.

Le réseau TAG a également expérimenté le paiement sans via une
carte bancaire. Cinq mille transactions ont été enregistrées en dix mois. Le SMTC et la Semitag réfléchissent à déployer cette solution sur les lignes structurantes du réseau TAG à l'horizon 2020.
 
F.G.