"Faire de l’Ile-de-France la première agglomération européenne à réinventer sa mobilité à l’horizon 2030". L'objectif du groupe de travail Mobility Nation (1) formé au mois de juillet 2017 à l'initiative du Boston Consulting Group était ambitieux. Au final, et 24 propositions, élaboré par des acteurs privés et publics pour qui réinventer la mobilité urbaine et périurbaine se fera en "tirant profit des ruptures technologiques et des ruptures d’usages".

Le groupe de travail a dénombré trois ruptures technologiques :
- la mobilité connectée avec l'idée que demain 100% des infrastructures de mobilité seront couvertes par un réseau de télécommunications robuste et une ouverture accrue de certaines catégories de données ;
- la mobilité zéro émission avec un développement de la mobilité électrique, avec d’ici à 2025, un coût des batteries qui devrait baisser de 30% à 50%, selon l'analyse du BCG.
- la mobilité autonome avec des voitures 100% autonomes qui seront mises sur le marché vers 2025 avec un surcoût d’environ 10.000 euros par rapport à une voiture classique.

Le groupe de travail a dénombré trois ruptures d'usages :
- la mobilité à la demande avec une multiplication des services (taxi/VTC, libre-service, covoiturage, autopartage, micro-transit) ;
- la mobilité partagée considérant que le nombre de passagers moyen par véhicule pourrait atteindre 2 passagers en moyenne en 2030 (vs. 1,3 aujourd'hui) grâce au service de covoiturage, à des routes dédiées et à des mécanismes incitatifs ;
- la mobilité "comodale" qui implique que chaque mode de déplacement soit optimisé et focalisé sur sa zone de pertinence, et que ces modes soient mis en cohérence, avec des transitions intermodales attractives pour les utilisateurs.

Une mobilité plus accessible

Résultat, Mobility Nation estime que "dès 2024, pour les Jeux olympiques, des objectifs ambitieux peuvent être atteints sans attendre l'arrivée en masse des véhicules autonomes". Le groupe de travail dénombre cinq objectifs atteignables :
- 100% des données de conduite et techniques des véhicules dans un format commun et ouvert ;
- 100% des modes de transport disponibles via un même abonnement ;
- des transports collectifs réguliers optimisés, renforcés par le Grand Paris Express ;
- 100% des Franciliens ont accès à une offre de mobilité à la demande et partagée en moins de 10 minutes à un coût compétitif ;
- des navettes autonomes exploitées commercialement.

Six ans plus tard, en 2030, le groupe de travail considère que "la réinvention de la mobilité prendra toute son ampleur, notamment avec la démocratisation de la mobilité autonome". Cinq objectifs pourraient être atteints :
- 100% des transports collectifs et réguliers et des transport à la demande zéro émission ;
- 30 à 50% du transport à la demande effectué par des véhicules autonomes ;
- 20 à 30.000 bornes de recharge électriques sur voirie ;
- 2 passagers en moyenne par véhicule sur le motif domicile-travail en Île-de-France ;
- 50% du poids modal du transport à la demande par rapport au transport privé.

Le groupe de travail fait 24 propositions dans ce livre blanc (lire p14 à 21) qui doivent permettre de voir cette mobilité actuellement en germe se concrétiser en Île-de-France. Et contribuer à résoudre les difficultés à se déplacer recontrées de façon hebdomadaire par 56% des Franciliens (voir ), le temps perdu par les automobilistes dans les embouteillages (en moyenne 40 minutes/jour) et la pollution liée au transport routier (32% des GES en Île-de-France en 2012).

F.G.

(1) le groupe de travail était composé des acteurs suivants : l'ASFA, AXA, ENGIE, Europcar Groupe, Faurecia, UBER ainsi qu’un panel de start-up : BlaBlaCar, BestMile, Coup, Easymile, Seabubbles, Siradel, Stuart, teemo, l’accélérateur ViaID et l’institut de recherche l'IRT SystemX, avec la contribution d’Ile-de-France Mobilités.