"Il n'est pas décent de placer les 300 salariés de la société Cyclocity, filiale de JCDecaux en charge du marché Vélib', au coeur d'une guerre qui ne les concerne pas entre deux prestataires successifs", ont-ils écrit dans un communiqué dont l'AFP a eu copie.

Alors qu'ils sont dans l'attente d'une décision prochaine du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre sur leur demande de transfert de leurs contrats vers la société repreneuse du Vélib' Smovengo, les salariés se sont dits étonnés des récentes déclarations du président de Smovengo, Yann Marteil.

Une fenêtre d'opportunité ouverte

Dans un entretien au Monde du 8 novembre, Yann Marteil a invité les anciens salariés Vélib' de JCDecaux à "postuler sans tarder" dans la nouvelle entreprise. "Nous proposons à ceux qui souhaiteraient nous rejoindre d'être repris dans des conditions salariales équivalentes, ce qui ne veut pas dire identiques. En particulier, nous reprenons le salaire de base, en y intégrant entièrement l'ancienneté", a-t-il déclaré, évoquant aussi "des primes variables trimestrielles et annuelles et des accords d'intéressement et de participation".

"Ces propositions sont sur la table depuis des mois. Il est dommage d'arriver en novembre sans être vraiment sortis des batailles juridiques", a-t-il ajouté, affirmant que "la fenêtre d'opportunité ne sera pas ouverte éternellement". "J'invite donc les salariés volontaires de Cyclocity à postuler sans tarder pour assurer leur avenir. C'est maintenant. Ce ne sera pas dans neuf mois", dit-il, tout en estimant que "le premier responsable" de ces salariés, "c'est leur employeur actuel, l'exploitant sortant de Vélib'", qui "a la responsabilité de l'avenir de son personnel et qui doit trouver des solutions à ses difficultés".

Un syndicat mixte pointé du doigt

Les salariés "ne peuvent être utilisés à fins de communication par voie de presse vides de sens et d'action qui semblent n'avoir pour but que de faire peser sur eux la responsabilité de leur situation précaire et incertaine", ont répondu ces derniers dans leur communiqué.

Ils dénoncent aussi le "désintérêt et le désengagement du syndicat mixte dominé par la Mairie de Paris qui, au mépris de sa responsabilité sociale, a volontairement omis leur existence afin de changer de prestataire pour le marché Vélib'" et demandent "l'ouverture d'une négociation sans délais en présence des deux sociétés et du syndicat mixte".

AFP