Les 3.000 gares françaises sont actuellement gérées par Gares & Connexions, une branche de SNCF Mobilités, mais "ce n'est pas possible avec l'ouverture à la concurrence", a rappelé le président de la SNCF Guillaume Pepy, lors d'une audition devant la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale le 9 novembre 2017.

"Il y aurait conflit d'intérêt potentiel", a expliqué Patrick Jeantet, président de SNCF Réseau, gestionnaire public du réseau ferré. Le gendarme du rail, l'Arafer, avait en effet pointé en juillet 2016 des "risques d'atteinte à la concurrence" et considéré que "le maintien de la situation actuelle (...) n'est pas envisageable".

Pour garantir "une indépendance réelle du gestionnaire des gares", le régulateur a préconisé la création d'une filiale de SNCF Réseau, tandis qu'un rapport parlementaire a estimé en novembre qu'un transfert pur et simple au gestionnaire du réseau serait "une configuration idéale".

Les dirigeants de la SNCF ne sont toutefois pas favorables à ce rattachement. "Les gares, c'est à la fois du béton et des clients (...) Les mettre du côté de l'infrastructure risque de passer sous silence la dimension client", a justifié Guillaume Pepy.

"Notre sentiment, c'est que la solution la plus raisonnable est celle qui existe dans beaucoup de pays: il faut faire une société publique des gares", a-t-il ajouté.

Pour M. Jeantet, l'avenir de Gares & Connexion se limite à deux options, "soit faire un troisième EPIC (établissement public industriel et commercial, comme Mobilités et Réseau, ndlr), soit le mettre dans Réseau".

Le deuxième scénario "a cet inconvénient qu'on aurait deux stratégies en parallèle à développer", a estimé le patron de Réseau, précisant que sa priorité est "la rénovation et la modernisation" des voies ferrées, alors que Gares & Connexions fait "un métier différent".
 
AFP
 
La reprise de la dette de SNCF Réseau sur la table
 
"Nous sommes évidemment favorables, en tout cas je suis favorable, à ce qu'il y ait une reprise totale ou partielle de la dette", a déclaré Patrick Jeantet lors d'une audition devant la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale, le 9 novembre 2017.

SNCF Réseau, gestionnaire du réseau ferré français, est plombé par une dette abyssale, qui ne cesse de se creuser et atteignait 46,1 milliards d'euros fin juin. L'entreprise publique est prise dans un cercle vicieux: "On emprunte aux mêmes taux d'intérêts que l'Etat", mais "malgré ces taux bas on a 1,3 milliard d'euros de frais financiers" par an, a expliqué le dirigeant.
 
Un allégement de ce fardeau serait aussi une compensation aux économies imposées dans le cadre du "contrat de performance" signé avec l'Etat, qui prévoit une réduction des coûts de 1,2 milliard d'euros en dix ans. "Nous sommes engagés à faire de la productivité", a souligné M. Jeantet.

"Si on veut stabiliser le modèle financier de l'ensemble du système ferroviaire français, ce problème de la dette devra être résolu un jour ou l'autre", a-t-il insisté."Chaque année se pose le question: est-ce qu'une partie de cette dette ne serait pas indirectement reconsolidée dans la dette d'État ?", a ajouté M.  Jeantet.

Le sujet fait partie de la mission que le gouvernement a confié à Jean-Cyril Spinetta, chargé de proposer des pistes de "refondation (du) modèle ferroviaire" français, y compris "sur les modalités de la prise en charge et de remboursement de la dette de SNCF Réseau".

AFP