"Nous allons appliquer la loi [Grandguillaume] avec pragmatisme", explique la ministre des Transports Elisabeth Borne, dans confirmant l'information des . Cette loi votée en décembre 2016 prévoit notamment de mettre fin au détournement du statut des chauffeurs Loti pour exercer une activité de VTC.
 
La loi sera pleinement opérationnelle le 1er janvier 2018. En effet, après cette date, les chauffeurs Loti, qui constituent une grande partie des chauffeurs inscrits sur les applications de VTC, doivent avoir obtenu le statut VTC pour exercer dans les grandes agglomérations. Il leur faut pour cela réussir l'examen commun VTC-taxis ou obtenir une équivalence s'ils justifient d'un an d'activité.
 
Si Elisabeth Borne confirme que la loi sera bien appliquée à la date prévue, "en revanche, le 31 décembre ne sera pas une date couperet". La ministre explique les chauffeurs concernés devront avoir déposé leur dossier de demande d'équivalence à la préfecture avant la fin de l'année 2017. De plus, ceux concernés par l'obtention de l'examen devront avoir passé l'épreuve théorique avant le 31 décembre 2017.
 
Elisabeth Borne reconnaît que la mise en place de la loi Grandguillaume a "mis du temps à se mettre en place dans les premiers mois de 2017". Concrètement, le gouvernement s'engage pour que, au plus tard le 31 mars 2018, tous les dossiers aient abouti. Par exemple, la ministre assure qu'il y a suffisamment de places pour passer les examens avant la fin de l'année 2017.
 
Enfin, Elisabeth Borne explique qu'un bilan de la loi Grandguillaume sera fait au bout de six mois. Les sujets concernant la création d'un tarif au kilomètre demandé par certains chauffeurs pour leur permettre de vivre de leur activité ou le rachat des licences des taxis pour contrecarrer la baisse de leur prix, ne sont pas sur la table. Et la ministre de conclure : "Tous ces sujets dépendent de l'équilibre que l'on arrivera à trouver grâce à la loi Grandguillaume".
 
F.G. (avec AFP)
 
 
La réaction des plates-formes et des chauffeurs
 
La Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR), qui rassemble des plateformes françaises, mais pas Uber, avait accusé récemment le ministère de "créer des obstacles" aux personnes souhaitant obtenir le statut de chauffeur VTC.

Ce répit de trois mois est "inadmissible", "Mme Borne a plié face aux lobbies de la FFTPR", a réagi auprès de l'AFP Helmi Mamlouk, du syndicat FO-Capa-VTC, en rappelant qu'un "délai de 12 mois avait déjà été accordé" aux Loti pour effectuer leur transition.

Pour sa part, Fabian Tosolini (CFDT) a souhaité que la loi Grandguillaume soit "applicable et appliquée" et demande l'ajout si nécessaire d'une session d'examen supplémentaire en fin d'année pour "laisser une chance" aux chauffeurs Loti voulant devenir VTC.

Les deux syndicats dénoncent par ailleurs un "recul" de Mme Borne sur la question d'une tarification minimum des VTC, dossier qu'elle conditionne à un "bilan" dans six mois de "l'équilibre" du marché des taxis/VTC. Les acteurs du secteur seront reçus le 13 novembre 2017 au ministère des Transports, ont précisé les deux représentants.

Interrogé par l'AFP, le leader du marché, Uber, a dit "espérer que les acteurs publics trouveront rapidement des solutions concrètes et à la hauteur de l'enjeu", rappelant que l"avenir de milliers de chauffeurs (...) est en jeu".

D'après une étude du cabinet BCG menée pour le compte d'Uber, près de 14.000 Loti ne pourront pas obtenir de carte VTC avant fin décembre, sur un potentiel de 16.600 chauffeurs.
 
AFP