Le directeur général d’Île-de-France Mobilités, Laurent Probst, était chargé de distribuer les bons et les mauvais points des lignes lors d’une conférence de presse qui s’est tenue en présence des responsables de la RATP et de la SNCF. En résumé, la régularité en 2016 s’est améliorée sur le métro, le tram, le bus et quatre lignes de trains (J, K, L, U). En revanche, l’autorité organisatrice note une "qualité insatisfaisante" pour les autres lignes du Transilien et les RER.

De grands chantiers perturbants

Concernant les lignes qui connaissent une régularité insuffisante (P, N, E et H) avec des taux compris entre 89,5 et 91%, et pour celles qui sont "en grande difficulté" (A, B, C, D, E et R) avec des chiffres inférieurs à 87%, les causes sont bien identifiées. Outre un matériel roulant vétuste, il y a notamment la conjugaison des travaux de modernisation du réseau et ceux des nouvelles lignes – RER E/Eole, Grand Paris Express (GPE) et prolongement de lignes… 

"Aux problèmes de ponctualité et de régularité liés à la vétusté du réseau s’ajoutent – et c’est nouveau – les travaux liés à sa régénération et aux nouvelles lignes", a souligné la présidente d'Île-de-France Mobilités Valérie Pécresse. Considérant que les voyageurs attendent avant tout une prévisibilité de leurs trajets, l’élue préfère une interruption du trafic pendant quelques jours où les usagers seront prévenus en amont et des plans de transport de substitution mis en place, plutôt qu’un service dégradé comme cela a été le cas sur le RER B.

En effet, les trains de la ligne ont dû réduire leur vitesse commerciale entre février et novembre 2017 entre les gares de Laplace et de Bourg-la-Reine en raison de travaux à la gare d’Arcueil-Cachan liés au Grand Paris Express. La PDG de la RATP, Catherine Guillouard, a reconnu que le choix de limiter la vitesse avait conduit à "emboliser toutes les marges de manœuvre sur le RER B", tous les incidents, comme des problèmes de caténaire par exemple, ont d'autant plus impacté la régularité. Au passage, Valérie Pécresse a plaidé pour une réunion entre les usagers et les opérateurs, et souhaité que ces derniers proposent un geste commercial.

Le directeur général de SNCF Transilien, Alain Krakovitch, a enfoncé le clou : "L'ampleur de chantiers est considérable, et ce n’est que le début : il y a, par exemple, cinq chantiers du même niveau qu’à la gare d’Arcueil-Cachan au Nord de Paris : la rénovation de la Gare du Nord, la création d’une passerelle au-dessus des voies à Saint-Denis, la réfection de la caténaire dans les années qui viennent et les trois gares d’interconnexion avec le Grand Paris Express sur le RER B, et CDG Express. Tous ces travaux sont indispensables, mais il faut prendre en compte les retours d’expérience de deux premiers cas de Clamart ou de Vanves".

Por améliorer la régularité de ces lignes en difficulté, l’effort de renouvellement du matériel roulant sera poursuivi (8,5 milliards d’euros d’ici à 2021).
Les difficultés d’exploitation doivent aussi être résolues par la mise en place des Schémas directeurs pour l’amélioration du réseau, en particulier le RER A va bénéficier d'un centre de commandement unique en 2018 comme il en existe déjà un pour
le RER B à Denfert-Rochereau depuis 2013 (achevé en 2015).
La refonte des grilles horaires doit également permettre d’améliorer la fiabilité du service : elles sont d’ores et déjà prévues sur les lignes A, L et J pour décembre 2017, et en discussion pour le RER D.
Enfin, la résolution des colis suspects est accélérée avec la mise en place de brigades cynotechniques qui ont démontré leur efficacité.

Une vitesse commerciale surveillée

Côté bons élèves, les bonnes performances du métro – 13 lignes sur 14 atteignent la borne supérieure de l’objectif demandé de 96,5% de régularité en heures de pointe – s’explique notamment par le déploiement d’un nouveau matériel roulant (lignes 2, 4, 5 et 9) et de système de contrôle commande semi-automatique (Octys sur la 5 et 9, Ouragan sur la 13).

S’agissant du bus, l’amélioration de la régularité, qui concerne l’ensemble des sous-réseaux, est liée à la réduction de l’indisponibilité du personnel et par le premiers effets positifs de la refonte du réseau de bus en grande couronne. Mais, Île-de-France Mobilités craint que l’accélération des chantiers d’infrastructures de transport vienne impacter cette régularité.

En revanche, dans la capitale, la vitesse commerciale des bus est en baisse (-4% depuis 2014) en raison de la congestion et de travaux, ce qui oblige la RATP à revoir les temps de parcours des bus afin de donner une information plus fidèle à la réalité aux voyageurs. En outre, la RATP a proposé à la préfecture de police et la mairie de Paris de participer aux actions de vidéo verbalisation puisque ses bus sont équipés de caméras dans le but de mieux faire respecter les couloirs réservés.

Quant à l’amélioration de la régularité des lignes J et K du Transilien, elle est due notamment au déploiement d’un nouveau matériel roulant. La refonte de la grille horaire sur la branche L2 de ligne L, permet de s’assurer que les temps de trajet sont les bons. Et Valérie Pécresse de marteler : "Ce que veulent les usagers, c'est la prévisibilité". 

Florence Guernalec

 

Les suites de l’incident sur le RER A

L’incident sur le chantier Eole à la Porte Maillot, qui a conduit à l’interruption du trafic du RER A pendant près de trois jours entre fin octobre et début novembre, est encore dans toutes les têtes deux jours après la remise des rapports de SNCF Réseau et des entreprises chargées du chantier. Aujourd’hui, les réparations réalisées en urgence pour permettre au RER A de circuler à nouveau sont provisoires. Et les travaux du chantier Eole n’ont pas repris.

Valérie Pécresse a plaidé pour l'organisation d'une réunion entre les opérateurs, les entreprises chargées de travaux, la Société du Grand Paris et Île-de-France Mobilités afin de mieux anticiper et mieux prévenir les incidents de chantiers. 

Dans l’immédiat, la présidente de la Région et d’Île-de-France Mobilités demande que les entreprises responsables indemnisent la RATP qui exploite la ligne sur ce tronçon et les voyageurs du RER A  – 1,3 million de personnes impactées par l’incident selon la Régie. Concernant le coût du préjudice causé à la RATP, le chiffrage des dédommagements est en cours. 

En effet, l’incident a nécessité à la fois un renforcement matériel et humain pendant l’interruption de trafic, mais il s’agit aussi d’évaluer les dégâts causés sur la ligne : le matériel roulant atteint, une partie du renouvellement des voies ballast à refaire sur 100 mètres, les réparations… La RATP a proposé que l’expert judiciaire qui travaille dans le cadre du référé préventif étende sa mission à l'évaluation des dédommagements.