Quand un train est-il considéré comme en retard ? Cette question figure dans le consistant premier bilan consacré par l'Arafer au en France. Le régulateur remet les pendules à l'heure en appelant la SNCF et l'Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST) à se conformer à la définition du retard recommandée par la Commission européenne qui retient un seuil de 5 minutes et 0 seconde pour le calcul des retards.

Car, aujourd’hui, la SNCF utilise une astuce en "dilatant" le temps : un train n'est pas considéré comme en retard tant que son heure d'arrivée au terminus n'éxcède pas l'horaire théorique de 5 minutes et 59 secondes pour les services régionaux et les trajets longue-distance de moins d’1h30. En 2016, 11,2% des trains sont ainsi arrivés avec plus de 6 minutes de retard. Avec la règle stricte des 5 minutes que l'Arafer demande d'appliquer à partir de 2017, ce taux serait évidemment moins bon.

Aussi, l’Autorité promet de collecter dorénavant les données sur les trains en retard d’au moins 5 minutes et 0 seconde (au lieu de 5 min 59) et pour chaque point de desserte du parcours du train (au lieu du terminus uniquement).
"Cette évolution permettra de mesurer avec une meilleure précision le nombre de voyageurs concernés par des perturbations de service, tout en convergeant vers une harmonisation de la mesure des retards à l’échelle européenne", précise l’Arafer dans son rapport.

Une rigueur japonaise

Au cours de la présentation du rapport le 16 novembre 2017, le président de l'Arafer Bernard Roman a fait remarquer qu'au Japon, les trains sont considérés en retard dès le moindre débordement par rapport à l'heure prévue. Le hasard a du talent car une anecdote racontée le lendemain par l'AFP est venue confirmer par l'absurde l'obsession japonaise pour la ponctualité ferroviaire. Un train de la ligne Tsukuba Express, reliant Tokyo à sa grande banlieue nord, est parti le 14 novembre de la gare de Minami Nagareyama à 09H44 et 20 secondes, au lieu de son horaire prévu à 09H44 et 40 secondes.

"Nous sommes profondément désolés pour l'énorme gêne occasionnée auprès de nos usagers", a déclaré la compagnie Tsukuba Express exploitant la ligne.
"Les usagers ne se sont pas plaints de cet incident", et aucun d'entre eux n'a raté le train, a ajouté la compagnie dans un communiqué. Les transports ferroviaires japonais sont effectivement réputés pour leur grande ponctualité. Au moindre retard, le chef de bord d'un train japonais se confond en excuses, qui durent souvent plus longtemps que le retard du train lui-même.

Les excuses de la compagnie Tsukuba Express pour 20 secondes d'avance ont déclenché de nombreux commentaires d'internautes dans le monde entier, mi-amusés, mi-dépités en comparant l'anecdote avec les retards chroniques des trains dans leurs propres pays.

Marc Fressoz