"Là, il nous reste 40 jours de travail. Personne n'est capable de nous dire ce qui va nous arriver le 31 décembre", s'est inquiété auprès de l'AFP, Fouad Lastate, délégué syndical CGT de Cyclocity. Des instances représentatives de salariés de Cyclocity demandaient que Smovengo soit obligé de conserver tous les salariés aux mêmes conditions contractuelles.

Mais le tribunal de grande instance de Nanterre a estimé mardi qu'elles n'étaient pas compétentes pour revendiquer "en lieu et place des salariés le transfert de leur contrat de travail", précisant que ce type de revendication est "un droit exclusivement attaché à la personne du salarié".
 
Une pression des salariés

En réaction, "depuis mardi, plus personne ne travaille", a assuré Fouad Lastate. La direction de JCDecaux a indiqué qu'elle comptabilisait le 16 novembre "une grande majorité de grévistes parmi tous les métiers d'exploitation" chez Cyclocity, et que le service Vélib' était "de fait perturbé (maintenance ...)".

"On a déconnecté 100 stations Vélib" afin de faire pression sur la mairie de Paris (qui fait partie du syndicat mixte Vélib' ayant attribué à Smovengo la reprise du vélo en partage) en lui faisant "perdre ses abonnés" Vélib', a précisé Fouad Lastate.

"Parmi les stations non encore mises en chantier, un certain nombre ont été déconnectées, mais il ne s'agit pas d'un phénomène généralisé", a précisé JCDecaux.
 
Un CE extraordinaire

Un comité d'entreprise extraordinaire a eu lieu le 16 novembre après-midi "pour étudier avec les représentants du personnel les options désormais envisageables afin que les salariés puissent poursuivre leur activité", avait indiqué JCDecaux dans un communiqué.

Quelques dizaines de salariés ont manifesté jeudi devant le siège de JCDecaux à Cachan (Val-de-Marne), en brûlant notamment une palette dans la rue.

Les salariés Vélib' se sont vu proposer de poursuivre leur activité chez Smovengo, mais "sans les primes", le salaire mensuel brut était diminué de "300-400 euros" par rapport à ce qu'ils touchaient avant chez JCDecaux, a estimé Fouad Lastate, "alors que cela fait dix ans qu'on travaille".
 
AFP