Des doux rêveurs ? Quatre associations, , la (FUB) et et le ont signé un manifeste pour limiter la vitesse en ville à 30 km/h, au lieu des 50 km/h réglementaires (1).

Ils ont créé un blog et se proposent d'y vendre des autocollants "Ville 30 à vivre" au prix de 4,10 euros que les citoyens apposeraient sur leur voiture.  Pourquoi faire ?
"Inverser la tendance et donner envie aux gens de vivre en ville plutôt que de la quitter. Participer au retour de la ville désirable et aimable", résume Clément Rossignol, élu Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Bègles et de la Communauté urbaine de Bordeaux (en photo à droite).


Strasbourg consulte

Le maire PS de Strasbourg, Roland Ries qui préside aussi le Groupement des autorités responsables de transport (Gart), a décidé de lancer début 2011 une consultation auprès de ses 140 000 habitants pour instaurer le 30 km/h dans les zones résidentielles (70% de la voirie strasbourgeoise), tout en laissant les axes de transit à 50 km/h. Le projet pourrait démarrer à l'automne.

Sceaux, Fontainebleau et Lorient sont déjà Villes 30 ainsi que Fontenay aux Roses, première à avoir réduit sa vitesse, dès 2005. "A Fontainebleau (Seine-et-Marne ndlr), pendant deux mois, le maire n'osait plus sortir de sa mairie après cette décision, de peur d'être harangué par les habitants. Puis, ils ont vu que la ville était apaisée, et que ça ne changeait pas la liberté de circulation", observe Clément Rossignol.

"La ville n'a pas pour objectif premier de faciliter la circulation automobile mais de créer des liens sociaux, des échanges commerciaux ou culturels dans un environnement accessible à tous : vélos, piétons avec poussette, personnes à mobilité réduite, roller...", soulignent les signataires du manifeste.


13 mètres pour d'arrêter à 30 km/h contre 26 à 60 km/h

"La modération de la vitesse est donc un outil pour rendre la ville à ses habitants et usagers", poursuivent-ils en invitant "chaque conducteur responsable à exercer sa liberté de modérer sa vitesse".
"Cette limitation "volontaire" ne leur fera perdre que très peu de temps sur leur trajet tout en réduisant les accidents de la circulation, la pollution et en rendant la ville plus propice aux échanges, à la fluidité et aux déplacements doux", font-ils valoir.

"A 30 km/h, il faut 13 mètres pour s'arrêter contre 26 mètres à 50 km/h", insistent-ils en jugeant  que "la limitation à 50 km/h doit donc devenir l'exception, réservée à des axes de transit", concluent-ils.


Nathalie Arensonas


(1) La Fédération des usagers des transports () et ont également signé mi-mai 2011.