Après la région parisienne, Lille et Grenoble notamment, l'État et l'autorité organisatrice de la mobilité de la métropole Lyonnaise se coordonnent pour lutter contre les pics de pollution de l'air.

Le préfet du Rhône, Stéphane Bouillon, a présenté, le 17 novembre 2017, un nouveau dispositif qui prévoit notamment la mise en place de la circulation différenciée à Lyon, coordonnée à une incitation tarifaire à prendre les transports en commun.

Le Sytral va en effet introduire une tarification spéciale, appelée "Tick’Air", et proposée au prix de 3 euros la journée contre 5,6 euros habituellement. Elle sera mise en place cas de pic de pollution à l'instar du forfait antipollution mis en place par Île-de-France Mobilités à la place de la gratuité.

L'alerte de niveau 1 interviendra désormais dès le deuxième jour de prévision d'un taux de particules fines supérieur à 50 microgrammes par mètre cube (μg/m3) ou dès la première prévision supérieure à 80 μg/m3. Le niveau 2 sera déclenché quand un taux constaté de 80 μg/m3 sera suivi d'une prévision similaire, ou bien après quatre jours de dépassement du seuil de 50  μg/m3. Selon le préfet, il s'agit "d'agir plus tôt" et "d'éviter le phénomène de yoyo de l'alerte qui était peu compréhensible" d'un jour à l'autre.

Reste à savoir si le dispositif sera suffisamment simple à comprendre par les automobilistes.  En cas de déclenchement du niveau 2, au premier jour, seuls ceux détenteurs d'une vignette Crit'Air pourront circuler dans le périmètre de Lyon-Villeurbanne. Après deux jours, seuls les véhicules affichant une vignette Crit'Air 0, 1, 2 ou 3 seront autorisés à circuler.

En cas de dégradation de la situation, la procédure d'alerte de niveau 2 aggravée sera activée. Les restrictions de circulation pourront alors être renforcées avec l'interdiction de rouler pour les véhicules porteurs de la vignette Crit'Air 3. Les contrevenants encourront une amende de 45 euros (montant minoré). "L'idée n'est pas de punir les gens mais c'est une forme de précaution pour éviter de rejeter des particules", a justifié le préfet.

Avec la mise en place de la circulation différenciée qui remplace la circulation alternée (basée sur les plaques d'immatriculation), "on multiplie le gain par deux", assure Yannick Mathieu, directeur adjoint à la Direction régionale de l'environnement (DREAL), soulignant que "20% des véhicules les plus anciens sont responsables de 80% des émissions de particules fines".

Au 6 novembre 2017, plus d'un million de vignettes Crit'Air avaient été commandées en Auvergne-Rhône-Alpes, dont environ 340.000 dans le Rhône.

"Nous menons une action de fond, qui comprend également l'extension de Vélo'V, la concertation sur la mise en place d'une zone à faible émission, le déclassement des autoroutes A6/A7, pour diminuer la pollution de manière récurrente et pas seulement pendant les pics", souligne pour sa part le vice-président de la Métropole de Lyon, Bruno Charles. Il rappelle qu'en 2015, il y a eu 42 jours de pics de pollution, 31 en 2014, 57 en 2013, 52 en 2012 et 65 en 2011.

Selon la directrice de l'observatoire de la qualité de l'air Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, Marie-Blanche Personnaz, "on constate une baisse des pics de pollution comme de la pollution chronique, mais ce n'est pas suffisant".

MF avec AFP