Si le ministère des Transports et sa titulaire Elisabeth Borne avaient voulu acter une certaine reprise en main, en tout cas symbolique, ils ne s'y seraient pas pris autrement. En effet, la tutelle de l'État s'est offerte le luxe de communiquer sur les mesures mises en œuvre par la SNCF suite à la panne géante cet été à la Gare Montparnasse, à la place du président du groupe public Guillaume Pepy qui pourtant excelle dans ce genre d'exercice.
 
Une information voyageur à améliorer

Que dit le communiqué du ministère de Transports publié le 22 novembre 2017 ? Décidée à "apporter des améliorations, visibles des clients", "la SNCF investira 150 millions d'euros entre 2018 et 2020 pour la refonte des systèmes d'information", écrit le ministère.

Ainsi, "afin de mieux informer les voyageurs", la SNCF a proposé "un calendrier  précis d'amélioration du système d'information des voyageurs pour le rendre plus réactif et plus cohérent" et "remettre l'information voyageur au cœur  des pratiques", ajoute le ministère dans ce communiqué publié à l'issue d'une rencontre entre la ministre Elisabeth Borne, le PDG de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy, et celui de SNCF Réseau, Patrick Jeantet.

"Dès janvier 2018, l'appli SNCF sera enrichie pour permettre aux voyageurs de signaler en temps réels les perturbations et les problèmes rencontrés", précise le communiqué.

Une robustesse ferroviaire limitée

Cette réunion visait à faire un point d'étape sur les mesures correctrices engagées suite à la panne ayant affecté la gare Montparnasse entre fin juillet et début août 2017, Elisabeth Borne ayant demandé que plusieurs chantiers prioritaires soient mis en œuvre.

Sur le volet destiné à "limiter l'impact des incidents", l'exécutif demande à SNCF Réseau de “mettre à jour les procédures d’exploitation des grandes gares en situations dégradées" et teste celles-ci notamment à "travers des exercices réguliers" : les plans de continuité des gares parisiennes seront finalisés d’ici la fin de l’année, notamment celui de la Gare Montparnasse qui prévoit désormais une utilisation organisée et accrue de la Gare d’Austerlitz.

Le gestionnaire du réseau devra aussi proposer à l’Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) une révision des règles de gestion du trafic, de manière à assurer la totale sécurité des voyageurs tout en permettant une meilleure reprise des circulations en cas d’incident : 12 procédures critiques ont été identifiées sur lesquelles un travail de simplification et d’accélération est engagé avec l’EPSF, précise le communiqué.

Bref il y a encore du travail à faire pour concrétiser "Ro.bin", le plan de la SNCF pour améliorer sa robustesse ferroviaire.

Des dizaines de milliers d'usagers avaient été touchés par cette panne survenue en plein chassé-croisé estival et dont l'origine n'a été découverte qu'au bout de 48 heures. Dans cette pagaille, de nombreux passagers s'étaient plaints d'une mauvaise communication de la part de la SNCF avec des informations parfois contradictoires et des agents dépassés par la situation. 

Prochain rendez-vous avec la ministre dans six mois pour surveiller la déclinaison de ces mesures. Elisabeth Borne garde la SNCF à l'œil.

Marc Fressoz