Au total, 26% des 18-30 ans ont dû au cours des douze derniers mois se résigner et refuser une offre d'emploi parce qu'il leur était compliqué de se déplacer jusqu'au lieu de travail, d'après de la Direction de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) qui dépend du ministère de l'Éducation nationale (1). Et un sur cinq a dû abandonner un projet de formation.

De plus, ils sont plus nombreux encore à avoir renoncé à une activité sociale, qu'il s'agisse de rendre visite à un proche (40%), d'accéder à un loisir type activité sportive, visite culturelle, cinéma (34%) ou de partir en vacances (31%).

Les jeunes prennent davantage les transports en commun que les autres classes d'âge : il s'agit pour près d'un tiers d'entre eux (29%) du principal mode de déplacement quotidien (contre 14% en moyenne dans la population totale).
Seule la moitié d'entre eux utilise en priorité un véhicule motorisé pour se déplacer au quotidien (dont 48% en voiture), contre 65% dans l'ensemble de la population.

Et 18% utilisent les "modes doux" tels que le vélo et la marche à pied, un taux comparable à celui observé dans la population générale. Mais il apparaît que "plusieurs résultats tendent à suggérer que les déplacements quotidiens à pied sont, du moins pour une partie des jeunes interrogés, davantage le résultat d'une contrainte que le choix d'une telle mobilité".

Un budget de poids

Pour les 18-30 ans, les dépenses liées au transport représentent 17,8% de leur budget total. Pour améliorer leurs trajets quotidiens, ils voudraient en priorité des transports moins chers (28%), diminuer l'impact sur l'environnement (16%), passer moins de temps dans les transports (15%), augmenter la fréquence des transports en commun (14%), avoir l'assurance d'être à l'heure (14%) et plus de confort (13%).
 
Le coût des transports est le plus souvent cité par les jeunes qui possèdent ou ont l'usage d'un véhicule motorisé (32%) et en particulier les ruraux (37%) qui utilisent davantage la voiture que les autres. En revanche, les citadins, qui utilisent davantage les transports en commun, citent un peu plus souvent que la moyenne le temps passé dans les transports (18%) et la fiabilité, l'assurance d'être à l'heure (17%).

Une épreuve et une source d'angoisse

Mais les transports représentent également une épreuve et/ou une source d'angoisse pour près de trois jeunes sur dix, notamment chez les 18-30  ans se déplaçant à vélo (36%) et à pied (35%). Ainsi, un tiers des jeunes (34%) qui ont renoncé à au moins une activité au cours des douze derniers mois déclarent que les déplacements sont une source d’angoisse et plus du tiers (37%) qu’ils sont une épreuve.

"Les déplacements sont d'autant plus source d'angoisse que le jeune est déjà dans une situation difficile ou en cours d'acquisition de son autonomie. Ainsi, les jeunes locataires du parc social, les peu diplômés (niveau brevet maximum), ceux vivant chez leurs parents ou encore au chômage citent davantage que les autres les aspects négatifs des déplacements. De plus, les jeunes n'ayant ni l'usage d'un véhicule motorisé ni accès aux transports en commun sont plus sujets aux angoisses liées aux déplacements."
 
Or, cette étude citant plusieurs auteurs qui ont travaillé sur ce sujet, souligne que la mobilité joue un rôle fondamental chez les jeunes, en particulier, "dans la socialisation et la construction identitaire des adolescents. Elle leur permet de s’affranchir de la tutelle de leurs parents et d’apprendre à trouver leur place dans le domaine public. Elle est à la base de dispositions et de manières d’habiter qui structureront en partie leur vie future et leur insertion professionnelle, tout en étant fortement déterminées par le contexte social et territorial dans lequel grandissent les adolescents".
 
F.G. (avec AFP)
 
(1) CREDOC, Baromètre DJEPVA sur la jeunesse 2017, Lucie Brice, Radmila Datsenko, Nelly Guisse, Sandra Hoibian et Sophie Lautié en collaboration avec l’INJEP, INJEP Notes & rapports/Rapport d’étudea, novembre 2017.
L’enquête a été réalisée en ligne, du 19 janvier au 9 février 2017, auprès d’un échantillon représentatif de 4.541 jeunes âgés de 18 à 30 ans résidants en France (y compris en outre-mer).