Inquiète des "synergies" escomptées, l'intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO) avait appelé à une journée de grève et à un rassemblement près du ministère de l'Économie à Paris. Selon plusieurs syndicats, des salariés ont cessé le travail à Tarbes (Hautes-Pyrénées), Valenciennes (Nord), Le Creusot (Saône-et-Loire), Villeurbanne (Rhône), Ornans (Doubs), Petit-Quevilly (Seine-Maritime), La Rochelle (Charente-Maritime), ainsi qu'au siège à Saint-Ouen, en banlieue parisienne, et sur le site emblématique de Belfort.

Le spectre de l'affaire GE dans les têtes

A Paris, quelques dizaines de salariés seulement, dont une majorité de représentants syndicaux, se sont déplacés, ainsi que des élus locaux et Pierre Laurent (PCF), a constaté une journaliste de l'AFP. Tous disent leur "peur qu'il arrive la même chose qu'avec GE", l'Américain Général Electric qui, depuis le rachat en 2015 du pôle énergie d'Alstom, enchaîne les restructurations.

Deux représentants des salariés de l'usine GE Hydro à Grenoble, ex-Alstom, où 345 postes sur 800 sont menacés, rappellent qu'à l'époque ils étaient "confiants". "GE avait pris des engagements. Au bout du compte ils n'ont rien tenu du tout", estime Philippe Pillot (FO). Aujourd'hui, "le gouvernement affirme avoir obtenu de meilleures garanties avec Siemens mais ce ne sont que des paroles".

Un accord sur l'emploi confidentiel

Reçus lundi à Bercy, les syndicats n'ont pas pu prendre connaissance de l'accord confidentiel prévoyant un engagement de maintien de l'emploi et des sites industriels en France pour une durée de quatre ans à compter de la fusion effective, fin 2018.

D'ici là, malgré les promesses orales, "ils peuvent fermer Ornans", redoute Gilles Buller, délégué CFDT du site franc-comtois en rappelant que "sans départs contraints, Ornans est déjà passé de 600 salariés il y a dix ans à 250 aujourd'hui". Et "au-delà de quatre ans, faut pas rêver", lâche Claude Mandart (CFE-CGC).

Pour obtenir l'aval du gouvernement au rachat du pôle énergie d'Alstom en 2015, GE s'était engagé à créer 1.000 emplois nets en France d'ici fin 2018. En novembre, le solde était négatif de 590 postes, selon le président PS de la commission d'enquête de l'Assemblée sur la politique industrielle de l'État, Olivier Marleix.

Le 22 novembre 2017, le Sénat a procédé à la désignation des membres de la mission d'information sur Alstom et la stratégie industrielle du pays créée à la demande du groupe socialiste et républicain, en application du droit de dirage dont bénéficie l'oppostion.

F.G. (avec AFP)