Bis repetita. Quatre mois après une panne de signalisation qui avait provoqué une pagaille monstre pendant trois jours à Paris-Montparnasse cet été, c’est une nouvelle panne informatique qui a conduit à l’interruption du trafic depuis 13h30 dimanche 3 décembre 2017. Un problème dû à une "perte de télécommande des installations de sécurité" qui empêche de "faire les itinéraires nécessaires et l'ouverture des signaux", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la SNCF.

"Tous les techniciens de réseau sont mobilisés sur cette affaire-là, ils sont à pied d'oeuvre sur la panne, et on mobilise un maximum d'agents pour l'accueil, l'information en Gare Montparnasse", a-t-il assuré. Le porte-parole de la SNCF a affirmé à l'AFP.

Le trafic reprendra normalement lundi matin, a indiqué dimanche à l'AFP Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien, expliquant que la panne avait été provoquée par un "problème informatique" dans la mise en service prévue ce week-end d'un nouveau système permettant d'augmenter le nombre de TGV au départ de Montparnasse.

Cette nouvelle panne "n'a rien à voir" avec la précédente, a assuré Alain Krakovitch. "Cet été, c'était lié à des installations anciennes", a-t-il observé. "Là ce sont des installations nouvelles qui sont mises en service, qui permettent de mettre plus d'aiguillages pour augmenter le nombre de trains".


"Ce nouvel incident est inacceptable, quelques mois seulement après celui de juillet et alors que les travaux étaient pourtant prévus de longue date", explique la ministre des Transports dans un communiqué. Élisabeth Borne a ainsi convoqué le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, lundi à 9h00 au Ministère, "afin qu’il lui expose les raisons de ce nouvel incident et les mesures qu’il propose pour en tirer les conséquences".

Colère, impatience et inquiétude

Vers 15h30, le hall de la gare était bondé de voyageurs, valises au pied et yeux rivés sur leurs téléphones portables pour avertir leurs proches de leur retard ou trouver une solution de repli.

Les bornes automatiques étaient prises d'assaut pour échanger les billets, et les agents d'accueil de la SNCF étaient assaillis de questions par des voyageurs partagés entre colère, impatience et inquiétude. Une longue file d'attente se formait devant le guichet d'information central.

La SNCF pouvait toutefois assurer des liaisons vers Nantes, Bordeaux et Rennes à partir de la gare d'Austerlitz et à raison d'un train par heure aller-retour, selon le porte-parole. Au-delà de Rennes et Bordeaux, les correspondances pourront se faire par TER.

D'après le porte-parole, la panne doit concerner "75% du trafic TGV" habituel à Montparnasse. En raison de la panne, les Transilien, TER et les Intercités ne pouvaient partir et arriver qu'à la gare de Versailles-Chantiers.

La SNCF demande "aux voyageurs de repousser leur voyage", a déclaré le porte-parole, indiquant que toutes les annulations et remboursements se feraient "sans frais et pendant un mois". Tous les trains (TGV, Transiliens, TER et Intercités) étaient concernés dimanche 3 décembre 2017. 

Un réseau vieillissant

Cet incident n'est pas le premier qui touche la gare de Paris-Montparnasse : une panne de signalisation, dans l'alimentation électrique d'un poste d'aiguillage à Vanves (Haut-de-Seine), avait déjà provoqué trois jours de pagaille fin juillet, en plein chassé-croisé estival, pénalisant des dizaines de milliers de voyageurs.

Face à l'urgence des besoins de maintenance et de modernisation d'un réseau ferroviaire vieillissant, un rapport remis quelques jours après la panne de l'été contenait neuf recommandations devant être "engagées avant fin 2017" et portant sur l'infrastructure, le plan de continuité du service et l'information aux voyageurs.

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, avait demandé à la SNCF de se pencher en particulier sur la "révision des règles de gestion du trafic" pour permettre une meilleure reprise des circulations en cas d'incident et sur un "calendrier précis d'amélioration du système d'information des voyageurs pour le rendre plus réactif et plus cohérent".

Le Premier ministre Édouard Philippe avait demandé "pour des raisons de sécurité" de "consacrer beaucoup plus de moyens à l'entretien des réseaux existants". Trois milliards d'euros par an doivent être investis pour rénover le réseau, selon Élisabeth Borne.

AFP

 

L'état du trafic le 3 décembre au soir

Dans un communiqué reçu le 3 décembre à 20h00, la SNCF indique que plus de 150 gilets rouges SNCF sont mobilisés pour accueillir et informer les clients dans les gares de Paris-Montparnasse et Austerlitz toute la soirée. Le plan de renforcement des taxis parisiens ainsi que de la ligne de bus 91 a été activé.

La SNCF donne un état du trafic :
- Aucun train ne circule au départ ou à l’arrivée de Paris Montparnasse ;
- Les TGV qui circulent sont dirigés vers Austerlitz qui sert de gare de substitution. Le trafic restera réduit toute la soirée du dimanche 3 décembre 2017 : chaque heure un TGV assurera un aller-retour Bordeaux-Paris, Rennes-Paris et Nantes-Paris ;
- Les trains TER ont pour départ et destination la gare de La Verrière, les Intercités partent et arrivent à Dreux, les trains Transilien partent et arrivent à la gare de Versailles-Chantiers.