Alstom réorganise son activité de construction de matériel sur pneus (bus électrique, tram) aujourd'hui regroupées en Alsace au sein de sa filiale alsacienne NTL (New Translohr). Le groupe va scinder en deux cette activité qui emploie 188 personnes. L'objectif de cette opération ? Faire entrer de l'argent frais pour financer le développement des bus électriques et permettre à NTL de continuer en attendant mieux. C'est la solution trouvée à la problématique que Hantimes avait exposée en février 2017.

A la recherche d'investisseurs pour Aptis

Concrètement, le constructeur va créer en 2018 – a priori au printemps – une filiale séparée dont il détiendra d'abord 100%. Il y logera son activité de bus électriques dont un troisième prototype est en cours de fabrication. Dans un second temps, le capital de cette société dédiée à Aptis sera ouvert à "l'accueil de nouveaux investisseurs", avec '"l'objectif [pour Alstom] d'y rester majoritaire". Le groupe l'a confirmé, le 4 décembre 2017, après avoir informé le comité d'entreprise à Duppigheim de ce projet de séparation. Quelque 90 personnes de NTL seraient alors transférées à cette nouvelle entité.

Aucune information sur le profil, "industriel ou financier", de ces "partenaires" n'a filtré, a souligné Marc Weickert, délégué CFE-CGC, syndicat majoritaire, de NTL. Mais si, après une phase d'expérimentation, ce bus électrique novateur rencontre le succès commercial, cette étape devrait être facilitée. D'autant qu'Alstom fusionnera avec Siemens qui a intérêt à développer ce produit n'entrant a priori pas en compétition avec ses propres solutions.

Une voie étroite pour le tram sur pneus

De son coté, la fabrication de trams sur pneus reprise en 2012 au groupe Lohr continuera d'être du ressort de NTL. Le capital de NTL restera partagé comme aujourd'hui entre Alstom (51%) et Bpifrance (49%). Mais la masse salariale sera réduite avec seulement une centaine de personnes contre 188 aujourd'hui. Leur avenir restera tributaire des perspectives commerciales du tram Translohr. Or celui-ci n'a pas rencontré le succès commercial espéré.
 
Cette réorganisation suscite "surtout la crainte" pour l'activité de tramway sur pneus, en l'absence de nouveaux contrats depuis plusieurs années, souligne Marc Weickert, délégué CFE-CGC. Selon Alstom, l'opération "vise à sécuriser les deux activités" actuelles de NTL.

Quelque 130 de ces rames circulent, notamment à Clermont-Ferrand et sur la ligne T5 de la RATP. Faute de développement, l'entreprise mise en partie sur les perspectives de renouvellement, car certaines rames ont 30 ans de moyenne d'âge.

Marc Fressoz avec AFP