"Les événements survenus cet été et dimanche dernier (...) démontrent des failles importantes (...) dans notre mode de fonctionnement", reconnaît Patrick Jeantet, dans un courrier adressé à Elisabeth Borne à propos des interruptions de trafic à la Gare Montparnasse.
 
Une nomination pour revoir l'organisation
 
Ce dernier annonce notamment la nomination d'un nouveau directeur général délégué pour plancher sur une nouvelle organisation "de l'ensemble de la filière ingénierie et de la maîtrise d'ouvrage" au sein de l'entreprise.

"Cette nomination sera effective à partir de vendredi matin", écrit le PDG  de SNCF Réseau, dans ce courrier qui vient en réponse aux exigences formulées lundi par la ministre de revoir la gestion des grands travaux par l'entreprise publique de transport ferroviaire.

Le poste de directeur général délégué auprès de Patrick Jeantet sera occupé par Matthieu Chabanel, actuellement directeur général adjoint chargé de la maintenance et des travaux.
 
Un audit des process

Matthieu Chabanel "proposera d'ici la fin du mois de janvier 2018 une nouvelle articulation entre maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre des projets pour renforcer la responsabilisation et l'agilité dans ce domaine", ajoute le patron de l'infrastructure ferroviaire.

Par ailleurs, un audit lancé immédiatement après l'incident de dimanche dernier, "questionnera (...) l'ensemble du processus de mise en œuvre des opérations de modernisation des systèmes d'exploitation sous l'angle de la fiabilité, et proposera des évolutions visant à gagner en robustesse", promet Patrick Jeantet.

Un réseau vétuste

"L'empilement et la disparité des technologies (dont certaines datent de 1937) engendrent de véritables difficultés d'exploitation. Il devient urgent d'améliorer les systèmes de contrôle-commande des trains et de la signalisation pour permettre un véritable saut de performance", ajoute Patrick Jeantet.

Il rappelle enfin la difficulté du gestionnaire de réseau ferroviaire à faire face à la multiplication des travaux de rénovations après des années de sous-investissement. "La situation dans laquelle nous nous trouvons (...) est d'autant plus complexe que, pour rénover et moderniser le réseau ferré national et plus particulièrement les 15.000 kilomètres du réseau le plus circulé qui a souffert d'un sous-investissement durant des décennies, nous avons engagé un programme de 1.600 chantiers sur tout le territoire", écrit-il.

"La multiplication de ces chantiers, en particulier en Ile-de-France, va augmenter l'occurrence des risques et il est de notre responsabilité de nous organiser pour mieux les anticiper, en minimiser l'occurrence et le cas échéant en gérer les conséquences".
 
AFP