La ligne qui relie Brest à Quimper, les deux villes les plus importantes du Finistère, avait été mise en service entre 1864 et 1867. Sa vétusté avait entraîné de multiples zones de limitation de vitesse afin de garantir la sécurité des circulations. Pour moderniser la ligne, un investissement de 77,8 millions d'euros aura été finalement nécessaire pour changer 70 kilomètres de voies et rénover 8 ouvrages d'art. Les collectivités ont pris en charge 61% du coût (1), SNCF Réseau, 20% et l'État (19%) dans le cadre du contrat de plan État-Région.
 
Les travaux ont été réalisés principalement de jour avec 400 agents en moyenne mobilisés sur le chantier. D'où la fermeture de la ligne entre le 11 décembre 2016 et le 10 décembre 2017. Au final, le chantier, c'est 140 kilomètres de rails posés en long rail soudé (LRS), 100.000 tonnes de ballast, 95.000 traverses, 7 appareils de voie, 85 kilomètres de fibre optique. Le maître d'ouvrage SNCF Réseau avait confié les travaux à Systra, filiale à 50% de la SNCF (2).

Une offre densifiée
 
Pour le redémarrage, l'offre a été augmentée de 50% avec la création d'une liaison directe quotidienne Brest-Nantes en trois heures et vingt minutes. La fréquence augmente ainsi de 6 à 9 allers-retours par jour en semaine. Le temps de parcours moyen est d'une heure et quinze minutes entre Brest et Quimper, et un peu plus d'une heure pour le TER le plus rapide qui concerne deux circulations par jour contre le même temps en voiture puisque le trajet pour les automobilistes est plus direct.
 
Le conseil régional a mis en place des tarifs compétitifs par rapport au car pour la réouverture de la ligne, espérant ainsi reconquérir sa clientèle d'abonnés (23% du trafic avant la fermeture) et attirer de nouveaux clients vers le train – les occasionnels représentaient 43% du trafic. Ainsi, un trajet entre Brest et Quimper coûte 9 euros l'aller, valable pour tous sans conditions. Pour les abonnés, 25% sont offerts chaque mois sur le coût de l'abonnement (hors prise en charge de l'employeur).
 
En 2009, la région Bretagne avait fait l'acquisition de neuf autorails grande capacité (AGC) de Bombardier (225 places assises) pour un montant de 40 millions d'euros qui peuvent circuler sur des lignes ferroviaires électrifiées ou non. Avant les ralentissements imposés sur la voie en 2015, la fréquentation de la ligne avait atteint jusqu'à 180.000 voyageurs par an.
 
F.G.
 
(1) Les collectivité qui ont participé au financement de modernisation de la ligne : région Bretagne 31%, département du Finistère 25,5%, Brest Métropole 3% et Quimper Bretagne Occidentale, 1,5%.

(2) Les entreprises en charge de la réalisation des travaux :
• Colas Rail, Marc SA, SITS, Annonce Sécurité Pilotage
• Cougnaud Construction
• ATIF, COSEF
• INEO SCLE Ferroviaire, France Aiguillage Service
• Bouygues Energie Service
• Concept Risk