Le 30 avril 1949, le tram d'Angers faisait son dernier tour de piste. Composé de six lignes urbaines et de deux lignes interurbaines, il avait fonctionné pendant 53 ans.
Samedi 25 juin 2011, les Angevins l'ont redécouvert malgré la menace de grève brandie par trois des quatre syndicats (CFTC, CGT, FO) du gestionnaire du réseau, Keolis. L’inauguration a eu lieu mais a été perturbée et le tram bombardé d'oeufs par les manifestants était en service minimum.

Environ 150 salariés sur 262 que compte le réseau de transport public étaient grévistes, 80% parmi les conducteurs. Seulement trois lignes de bus sur quinze étaient assurées le jour de l’inauguration du tramway.

"Le tramway a déjà trouvé sa place, il est au cœur de la ville, voire même des mouvements sociaux. Tout le monde se l'est déjà approprié...", a ironisé le maire de la ville et président de la communauté d'agglomération,
Jean-Claude Antonini (PS), dans son discours inaugural place du Ralliement devant plusieurs centaines de personnes, dont des manifestants alternant sifflets et lancers de pétards.


Le tram, l'autopartage et les vélos

Les 17 rames Citadis construites par l'inévitable Alstom vont désormais traverser l'agglomération entre Avrillé, au nord de la ville, et le quartier de la Roseraie, au sud. Soit 12 km de lignes, pour desservir 57 000 habitants et 21 000 emplois.
Pour les élus, ce nouveau mode de transport - autour duquel sera restructuré le réseau urbain, rebaptisé Irigo- est le premier maillon pour reconquérir l'espace public et réduire la circulation.

Autres leviers pour y parvenir, la location de vélos, l'autopartage prévu à la rentrée 2011 et l'instauration de zones 30. Sans compter une deuxième ligne de tram, déjà envisagée.


36 000 voyageurs par jour attendus dans le tram

Le tram arc-en-ciel va traverser Angers mais aussi Avrillé. Sur son itinéraire, le parc du végétal de Terra Botanica, la Cité administrative, le CHU, la faculté de Médecine, celle de Droit, l'université catholique de l'Ouest, l'école des Arts et Métiers.
"Sur les 33 000 étudiants que compte l'agglomération, la moitié sera desservie par le tram. Au total, 36 000 voyageurs sont attendus tous les jours sur cette ligne, puis 46 000 lorsque tous les programmes urbains seront achevés.


Près de 63% d'automobilistes dans Angers intra muros

Avec 286 000 habitants, regroupés dans 30 communes, l'agglomération du Maine-et-Loire subit un phénomène d'étalement urbain avec comme conséquence une augmentation de 40% des déplacements (240 000 par jour) depuis 2002. "Il faut être réaliste : nous sommes des automobilistes addict!", reconnaît Bernadette Caillard-Humeau, élue en charge de la mobilité à Angers Loire Métropole.

La voiture est le moyen de déplacement prépondérant : elle est utilisée à 62,9% dans Angers, à 80,8% en banlieue et à 87% en zone périurbaine. "Ce n'est pas étonnant car il n'y a aucun problème pour stationner dans Angers".
Pour preuve, le nombre élevé de places de parking : 5 000 en voirie et autant en ouvrage. "Soit deux fois plus qu'à Strasbourg et qu'au Mans. Par conséquent, nous allons devoir impérativement mener une politique coercitive dans ce domaine pour reconquérir l'espace public".

 
Des barrières de stationnement !

L'objectif de la collectivité est d'inverser la tendance, en réduisant les parts de marché de la voiture au profit des transports publics et modes de déplacement "doux" : aujourd'hui, les TP sont à 14,7% dans Angers, 7% en proche banlieue et 2,4% au-delà. Objectif : 20% de part modale. 

Cette politique a débuté avec un service de prêt de vélos en longue durée. Une deuxième agence de location doit bientôt ouvrir avec une flotte de 3 000 vélos. En avril 2011, c'est de la location automatique en libre-service avec 48 vélos et une station implantée à la gare.

Autre pièce du puzzle : l'autopartage qui doit voir le jour en septembre. Une quinzaine de voitures seront mises à la disposition des Angevins dans six rues. "Nous supprimerons alors  le parc de véhicules appartenant à la ville. Les agents municipaux iront chercher les voitures sur la voie publique. Ce qui assurera un amorçage", explique l'élue. Baptisé Autocité +, ce service sera géré par la Société d'aménagement de la région angevine (SARA).

Les efforts porteront ensuite sur le stationnement. "Dès lors qu'il est facile de se garer, que ça coûte peu cher et qu'il n'y a pas beaucoup de surveillance, ça n'incite pas à prendre les transports en commun". C'est pourquoi la collectivité a en projet de mettre en enclos des parkings gratuits ou payants par parcmètre. "Nous allons installer des barrières pour être sûr que les gens paient".
 

Une deuxième ligne de tram en projet

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Christine Cabiron et Nathalie Arensonas