Mobilicités : Les élus locaux ont dit "oui" à l'entrée d'un opérateur extérieur au capital de T2C, la société d'économie mixte qui exploite les transports de Clermont-Ferrand.  Selon quelles modalités ?

Jean-Marc Janaillac :
  ils ont en effet dit "oui" à l'idée d'ouvrir à un opérateur 20% du capital de T2C. Pas forcément à la RATP. Le Syndicat mixte des transports clermontois (Smtc) en détient actuellement 65%, le reste se partage entre la Caisse d'Epargne d'Auvergne, la Chambre de commerce et d'industrie (et l'association du personnel ndlr).  Il va y avoir un appel à déclaration d'intérêt. Le choix final des élus interviendra à la rentrée 2011.


Il n'y a pas de grande inconnue sur l'issue de ce choix...
A la RATP, on a envie de continuer de travailler avec T2C, et comme les élus semblent nous donner la préférence....


Cela signifie que l'opérateur choisi prendra l'exploitation des bus et tramway sur pneus de Clermont  ?

Les élus souhaitent adosser leur Sem à un opérateur d'envergure nationale, voire internationale, pour apporter un certain soutien technique lié à l'exploitation du tramway sur pneus : avec 20% du capital, nous serons minoritaires, le SMTC gardant largement la majorité. C'est donc une façon de concrétiser ou de raffermir les liens que nous avons avec T2C par ailleurs.


Le contrat d'assistance technique entre T2C existe toujours ?
L'accord de partenariat a été renouvelé, avec le SMTC à l'origine puis avec T2C avec l'arrivée du tram sur pneus en 2005. Ce partenariat a pris diverses formes à travers le temps, mais il existe toujours. C'est à T2C de s'en servir ou pas. Il n'y a finalement rien de révolutionnaire, on travaille avec T2C depuis très longtemps.


Rien de révolutionnaire, et pourtant les syndicats sont farouchement opposés à l'entrée d'un opérateur externe ?
Les syndicats ne sont pas opposés à la RATP en soi, mais à l'entrée d'un partenaire extérieur au capital de la Sem parce qu'ils souhaitent que le réseau soit géré soit par une régie, soit par une Société publique locale. Solution que les élus ont clairement refusée.


Cette grogne, les deux grèves au début de l'été et la menace d'une grève dure à la rentrée, ne vous inquiètent pas plus que ça ? Vous avez pris avec les partenaires sociaux  ?
Nous avons des s à la fois avec la direction de T2C, la Sem, et avec les élus responsables du transport. Nous ne sommes pas en mesure de rencontrer et de négocier avec les syndicats.


Qu'est-ce que la présence de la RATP au capital de T2C pourrait changer pour les transports publics clermontois. Vous avez déjà un plan de développement ?
Nous n'avons pas entamé ce travail-là, cette réflexion va prendre du temps. Ce sera un travail en commun entre l'opérateur qui connaît son réseau de l'intérieur et les élus qui se projettent dans l'avenir. Ce que la RATP peut apporter, c'est son savoir-faire technique, de maintenance et d'optimisation de l'exploitation d'un réseau avec bus et tramway sur pneus. Comme celui que nous allons exploiter en Ile-de-France (lire l'article sur ce sujet). Nos équipes techniques commencent à travailler avec les équipes de Lohr (constructeur du tram sur pneu de Clermont ndlr).


S'adosser à la RATP, ce n'est pas un moyen pour le réseau de Clermont de se prémunir contre les groupes (Transdev-Veolia, Keolis, Vectalia) ?
Il faut le demander aux élus. T2C est pour l'instant un peu isolée, sans partenaire. L'expérience montre que les Sem ont souvent un partenaire industriel, les élus clermontois ressentent le besoin de garantir à leur Sem des liens plus capitalistiques, destinés à durer.


C'est la deuxième fois que la RATP entre au capital d'une Sem, est-ce une nouvelle orientation du groupe ?
Transdev était le partenaire historique des Sem et ce n'était clairement pas la stratégie de la RATP. Dès lors que l'équilibre des forces a changé avec la fusion entre Veolia et Transdev, notre stratégie évolue en conséquence. Notre position unique en France de transporteur à capitaux 100% publics avec un savoir-faire technique et opérationnel nous positionne pour prendre le rôle que jouait Transdev. Nous avons d'ailleurs été choisis pour être partenaire de la Sem d'Amiens, et ensemble nous allons répondre à l'appel d'offres pour l'exploitation du  réseau de transport public de l'agglomération.

Propos recueillis par Nathalie Arensonas et Robert Viennet