Envisagé au début des années 1920 sous le Mandat britannique en Palestine, le projet de tramway de Jérusalem (800 000 habitants) a vu le jour à la suite des Accords de paix d'Oslo en 1993 et du vent d'optimisme qui soufflait alors sur les relations israélo-palestiniennes.

Il aura mis encore près de 20 ans avant d'être sur les rails, prenant ses premiers passagers à bord le 19 août 2011.

Il ne s'agit pas d'une inauguration officielle, dans la mesure où le système n'est pas encore complètement opérationnel. Les rames couleur argent construites par le français Alstom glissent gratuitement dans la Ville sainte pendant deux semaines. Les noms des 24 stations sont écrits en hébreu, arabe et anglais.


Veolia a jeté l'éponge

Le tramway, qui aurait dû être achevé en 2008, a accumulé les retards à cause d'erreurs, de disputes, de procédures tatillonnes, de désaccords entre les planificateurs et de découvertes archéologiques lors des excavations. Son coût a quasiment doublé pour atteindre 250 millions d'euros.

Surtout, il est très critiqué sur le front politique du fait qu'il relie des quartiers de colonisation juifs à Jérusalem-Est, le secteur annexé par Israël en juin 1967, au centre-ville, en longeant les quartiers  palestiniens.

Des associations pro-palestiniennes a assigné devant la justice française le constructeur Alstom et Veolia Transport (membres du consortum CityPass qui a remporté l'appel d'offres international pour la construction et l'exploitation), en arguant que le tracé du tram dans la partie arabe de la Ville sainte violait le droit international.

Veolia s'est finalement retiré en 2010 du projet pour la partie exploitation tout en maintenant son rôle d'assistant technique. Le groupe est encore actionnaire à hauteur de 5% du consortium et c'est (lire l'encadré) et c'est le groupe de transports israélien Egged Holding Ltd qui exploitera le tram.


250 millions d'euros pour 14 km

La première ligne de tram, ponctuée de 24 stations, s'étire sur 14 km, dans les deux sens, depuis le quartier de Pisgat Zeev à Jérusalem-Est, jusqu'au Mont Herzl à l'ouest, en passant par la célèbre rue Jaffa, la grande artère commerçante du centre-ville.
Au total, 46 rames doivent assurer dans l'avenir le transport des usagers (capacité, 250 passagers) à la fréquence d'un tram toutes les cinq minutes aux heures de pointe.

Pour sa mise en circulation, il a fallu transformer le centre-ville en zone piétonne et former une unité spéciale de protection antiterroriste.

Nathalie Arensonas (avec AFP)