Mobilicités : Après trois journées de grève très suivies sur le réseau de transport public de votre ville, où en est le projet d'ouvrir la capital de T2C à un opérateur extérieur, sans doute la RATP puisque c'est la seule entreprise à avoir répondu à l'appel d'intérêt du syndicat mixte des transports de Clermont (SMTC) ?

Serge Godard : Le SMTC a voté à l'unanimité cette ouverture de 20% du capital pour nous adosser à l'expertise technique d'un opérateur extérieur, mais les syndicats ont fait un tel lobbying auprès des élus que certains disent vouloir revenir sur leur décision. Je trouve l'attitude des syndicats étonnante, ils sont fermés sur eux-mêmes et ont toujours refusé l'appui technique de la RATP (qui a conclu un contrat d'assistance technique avec T2C NDLR) pour l'exploitation du tramway sur pneus. Depuis son inauguration en 2006, il transporte 65 000 voyageurs par jour mais est trop souvent en panne, les incidents techniques sont trop nombreux et on n'en connaît pas l'origine.

Quels sont les risques ?
Je suis inquiet car je ne suis pas sûr qu'après les audits portant sur la sécurité de notre système de tramway sur pneus Translohr, T2C soit capable d'en assurer la sécurité et la maintenance. Nous n'avons pas l'expertise interne et depuis toujours, les salariés de T2C refusent de travailler avec la RATP, même dans le cadre du contrat d'assistance technique toujours en vigueur. 
Si le rapport d'expertise dont les conclusions sont attendues fin septembre 2011 impose une mission externe, je ferai de nouveau appel soit à Translohr, soit à la RATP, mais les mauvaises relations des trois partenaires rendent cet exercice difficile. C'est pour cela que je souhaitais introduire de l'expertise à l'intérieur de notre SEM chargée d'exploiter le tram.


Qu'avez-vous décidé pour endiguer le préavis de grève qui court jusqu'à décembre 2011?
J'ai reçu les syndicats et ai décidé un moratoire qui peut durer plusieurs mois et qui doit êre mis à profit pour trouver une solution en faveur des transports publics et de leurs usagers. Bref, pour nous donner le temps de la réflexion. Mais il ne sagit en aucun cas de renoncer à l'indépendance de notre entreprise de transport public.

Propos recueillis par Nathalie Arensonas