1 Autolib' = 5 voitures privées

Objectif, inciter à renoncer à sa voiture personnelle en offrant l'usage ponctuel de véhicules, à la fois économiques et écologiques visant à réduire les nuisances sonores et olfactives en Ile-de-France. Une voiture de ce type est à même de se substituer à 5 voitures privées, selon une étude municipale.

"Je suis convaincu que les riverains vont plébisciter ce système qui permettra aux villes d'entendre le bruit des oiseaux et de ne pas plus avoir d'odeur", a déclaré, enthousiaste, le Pdg du groupe diversifié Vincent
Bolloré, qui fabrique la Bluecar en collaboration avec l'italien Pininfarina.

Fort du succès du Vélib', le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë avait lancé en 2008 l'idée de reproduire le système pour des voitures électriques.
"Nous savions que c'était un pari sur l'avenir car les Franciliens bougent et transportent de plus en plus. Ce service viendra en complémentarité des transports et des taxis. Notre volonté consiste à élargir le panel des
transports", a déclaré Annick Lepetit, adjointe de B. Delanoë et présidente du syndicat mixte Autolib', regroupant les communes pionnières et la région Ile-de-France.

Malgré le scepticisme des Verts, Bertrand Delanoë entend faire de ce projet un symbole fort de son mandat. En décembre 2010 (même s'il ne plus se représentere pas aux élections municipales de 2014), le groupe Bolloré remporte l'appel d'offres pour le chantier. La Bluecar n'entend pas séduire que les trentenaires branchés en mal de nouvelles expériences mais tous les Franciliens, la mairie de Paris soulignant
le poids grandissant du budget voiture d'un ménage.
"Les Parisiens continuent à avoir besoin d'une voiture. Comme ils n'en utilisent pas forcément une tous les jours, ils vont voir dans la Bluecar une alternative bienvenue", explique Annick Lepetit.


12 euros par mois + 5 euros la demie-heure

Pour atteindre un seuil de rentabilité estimé par M. Bolloré à 80 000 utilisateurs, Autolib' met en avant le prix modique de l'abonnement qui coûtera 12 euros par mois pour un abonnement annuel, et cinq euros pour la première demi-heure d'utilisation (lire l'encadré pratique).

Ce projet constitue une vitrine de choix pour Bolloré qui a investi près d'1,5 milliard d'euros dans la fabrication de sa voiture et de la batterie qui l'équipe. Cette batterie dispose d'une technologie LMP (lithium-métal-polymère), unique et brevetée par le groupe, qui espère l'imposer aux constructeurs automobiles.

Les quatre premières années seront décisives pour la réussite du projet, alors que Vincent Bolloré affirme être déjà en discussion avec d'autres villes. Le groupe a donc choisi de recruter en Ile-de-France plus de 1 000
"ambassadeurs" chargés de renseigner et d'assister les utilisateurs dans toutes les étapes de la location.

Ces ambassadeurs seront également déployés pour éviter les actes de vandalisme, véritable épée de Damoclès au-dessus d'Autolib, après les déboires rencontrés par les Velib'. L'assurance d'une Bluecar coûte d'ailleurs la bagatelle de 2 500 euros par an au groupe Bolloré.


Combien de place de stationnement supprimées ?


Autre sujet de tension, le nombre de places de stationnement qui vont devoir être supprimées dans Paris au profit des Bluecars. "Il est encore trop tôt pour avancer un chiffre", a indiqué Annic Lepetit, alors que Le Journal du Dimanche évoque la suppression d'au moins 2 000 places de parking sur voirie dans la capitale.

Nathalie Arensonas (avec AFP)