"Nous considérons que ce décret renforce une position anti-concurrentielle et entrave l'essor de notre activité actuelle et de nos activités futures", a déclaré à l'AFP le responsable du transport à la demande chez Transdev, Paul de Rosen, confirmant une information du quotidien Les Echos. "La saisie (du Conseil d'Etat ndlr) est imminente", a-t-il ajouté.

Confronté au mécontentement des taxis, qui jugent que les VTC leur font une concurrence déloyale, le gouvernement a adopté un décret, entré en vigueur le 1er janvier 2014, qui oblige les sociétés de VTC à attendre un quart d'heure entre le moment où une personne leur commande un véhicule et sa prise en charge. Selon eux, le temps moyen de prise en charge était auparavant de sept minutes.

"Ce délai permet de mieux distinguer l'activité de ces véhicules de celle des taxis, seuls habilités à circuler en quête de clients sur la voie publique", fait valoir le décret signé par les ministres Sylvia Pinel (Artisanat, Commerce, Tourisme) et Manuel Valls (Intérieur). Mais l'Autorité de la concurrence avait estimé en décembre que le décret allait entraîner des "distorsions de concurrence".

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Le responsable de Transdev, coentreprise de Veolia et de la Caisse des dépôts dans les transports collectifs, a aussi annoncé que le groupe compte étoffer son offre de VTC. "Nous sommes déjà présents sur ce créneau avec la marque SuperShuttle qui fait du VTC partagé, principalement depuis et vers les aéroports de Roissy, Orly et Beauvais", a-t-il indiqué. Ce service, importé des Etats-Unis où Transdev est implanté, compte 60 véhicules en France qui ont transporté 250.000 passagers en 2013.

"On envisage d'étendre la gamme vers du VTC non partagé", a fait savoir M. de Rosen. Le service, qui concerne Paris, pourrait entrer en vigueur cette année.

Dans un tract , FO taxi appelle à une mobilisation générale lundi 13 janvier pour protester contre la concurrence des VTC, même s'ils doivent attendre 15 minutes entre le moment de la réservation et la montée du client à bord. Les réservations faites par les hotels 4 et 5 étoiles et les salons professionnels sont exonérées de cette attente.

Nathalie Arensonas (avec AFP)