Uber et contre tous. Début avril 2014, le tribunal de commerce de Bruxelles a ordonné à la société d'origine américaine qu essaime des filiales en Europe de cesser ses activités de covoiturage entre particuliers. L'entreprise propose ce service via une application mobile, UberPop. La décision de justice est assortie d'une astreinte de 10 000 euros par infraction constatée.
Cette décision a suscité l'ire de la ministre belge des nouvelles technologies, Nelly Kroes, qui s'est exprimée par l'intermédiaire de et de son blog mardi 16 avril.
"Je suis scandalisée par la décision d'un tribunal bruxellois d'interdire l'application de service de taxi Uber", y écrit-elle. "Sont-ils sérieux? De quel genre de système légal s'agit-il?", poursuit-elle à propos de l'astreinte de 10 000 euros.
"Cette décision ne protège pas et n'aide pas les usagers, elle protège un cartel de taxis", s'emporte encore la commissaire européenne, qui s'en prend sur son blog à la ministre bruxelloise des Transports, Brigitte Grouwels, opposée de longue date à la présence d'Uber dans la capitale belge, en la qualifiant de "ministre de l'anti-mobilité".

Uber a annoncé par l'intermédiaire d'une porte-parole qu'elle allait contester "de toutes les manières possibles" la décision du tribunal de commerce de Bruxelles.

En France et en Allemagne aussi

En Allemagne, le tribunal de grande instance de Berlin a aussi interdit à l'opérateur la possibilité d'exercer, suite à une plainte déposée cette fois par l'association des taxis berlinois, à l'origine de la procédure.

Selon l'association, le tribunal a dénoncé la "pratique anticoncurrentielle de l'entreprise", estimant qu'Uber qui avait lancé son service le 15 avril 2014 dans la capitale berlinoise, ne se conformait pas à l'obligation légale contraignant les véhicules loués à rejoindre le siège de l'entreprise dont ils dépendent après avoir effectué un trajet.

En France, Uber également est dans le collimateur des taxis, qui dénoncent une concurrence déloyale, et la répression des fraudes a annoncé le lancement d'une enquête sur les services de covoiturage entre particuliers.

Nathalie Arensonas (avec AFP)