Alors que les artisans taxis multiplient les manifestations contre UberPOP, ils s'en prennent aussi aux VTC. Plusieurs centaines d'entre eux ont mené des opérations escargot à l'aéroport de Roissy tandis que d'autres ont empêché la prise en charge de passagers à Orly le 15 juin 2015. "On demande à l'État que les lois soient appliquées pour les VTC (véhicules de transport avec chauffeur), notamment sur le retour à la base et la géolocalisation", a expliqué à l'AFP Mahecor Diouf, secrétaire général de SUD-Taxis. "On voit souvent (les VTC) dans les aéroports sans réservation: ça on ne peut plus l'accepter", a ajouté le délégué, qui demande à être reçu par le Premier ministre.

Benjamin Cardoso, président de la fédération des VTC et fondateur de LeCab, juge "inacceptable que les VTC soient de nouveau visés par des manifestations parce qu'il y a un service qui, aujourd'hui, ternit leur image, mais n'a rien à voir avec du VTC". Il a affirmé que "ce n'étaient pas les VTC qui devaient être ciblés aujourd'hui, mais véritablement UberPOP, qui était à l'origine du problème des taxis", rappelant que taxis et VTC "avaient attaqué conjointement Uber". "UberPOP, ce n'est pas du VTC", a-t-il martelé. "Notre position n'est pas de dire qu'UberPop ne devrait pas exister, c'est simplement qu'UberPOP n'est pas dans un cadre légal", a-t-il précisé.

Les taxis n'ont pas dû apprécier que la Fédération française du transport de personnes sur réservation aient obtenu, le 8 juin 2015, l'annulation de l'arrêté créant la voie réservée aux taxis et aux bus pour aller de Roissy à Paris, ces VTC estimant qu'ils devaient eux aussi avoir le droit de circuler sur ces voies. Et dire que la loi Thévenoud devait régler définitivement des mois de conflit entre taxis et VTC. "Les pouvoirs publics ne semblent pas capables de faire respecter le cadre réglementaire qu'ils ont eux-même fixé, tout se passe comme s'ils avaient perdu la main face à un acteur étranger. A quel moment le gouvernement choisira-t-il de sortir de l'attentisme?", se demande Benjamin Cardoso.

Florence Guernalec (avec AFP)