Après de premiers cas aux États-Unis, il fallait s'attendre à ce qu'au moins un chauffeur Uber en France saisisse la justice pour tenter de faire reconnaître son statut de salarié. En l'espèce, l'action est intentée par un chauffeur unique, un proche de l'association des VTC de France, qui souhaite rester anonyme.
 
L'avocat du plaignant, Me Erol Demir, précise invoquer l'article L1251-41 du code du travail qui permet de demander "la requalification d'un contrat de mission en contrat de travail à durée indéterminée". Celui-ci veut prouver devant les prud'hommes qu'il y a bien "un lien de subordination" entre les chauffeurs et la plateforme de réservation Uber.

"Les chauffeurs ont l'obligation de se connecter, il y a un prix minimum garanti, ils doivent accepter 90% des courses et obtenir un taux de satisfaction important sous peine d'être rayés des listes d'Uber. Il y a tout de la relation de travail classique", estime l'avocat.

La fin de "l'Uberisation" de l'économie ?
  
Me Erol Demir explique s'inscrire dans la logique d'un recours en nom collectif qui a lieu en Californie où quatre chauffeurs, considérés comme indépendants, veulent faire reconnaître leur statut de salariés. Rappelons que le 1er septembre la justice américaine a validé le lancement de ce recours, sans se prononcer sur le fond de la plainte, qui devra être tranchée lors d'un procès.
 
Contactés par l'AFP, Uber France affirme ne pas avoir été officiellement informé d'une telle plainte, selon un porte-parole. "Nous sommes sereins s'agissant des suites qui pourraient y être données : les partenaires chauffeurs d'Uber contrôlent totalement l'utilisation qu'ils font de l'application", a ajouté ce porte-parole.
Uber France souligne que le statut d'indépendant des VTC "est très proche" de celui des chauffeurs de taxi mais que les partenaires chauffeurs "jouissent de bien plus de liberté".

Si la justice française donnait raison au plaignant, les autres plateformes de VTC seraient également concernées. C'est leur business modèle qui serait alors remis en cause.

Florenc Guernalec (avec AFP)