Après s'être rassemblés aux abords des aéroports parisiens de Roissy et d'Orly, 500 chauffeurs, selon un des organisateurs, ont démarré en début de matinée une opération escargot en direction la porte Maillot à Paris, en réponse à l'appel de trois associations de chauffeurs indépendants (SETP, CAPA VTC et Actif-VTC). Ces conducteurs – qui n'étaient que 50 à 160 selon une source préfectorale – entendaient protester contre la guerre des prix qui fait rage dans ce secteur en plein boom.

"Beaucoup de VTC ont cru pouvoir gagner leur vie décemment" mais "être VTC aujourd'hui en France c'est un piège (...) ils se retrouvent endettés, dans une précarité totale et sans cadre juridique clair et précis", explique Mohamed Radi, secrétaire général de l'association.
En moyenne, tous frais déduits (commission, taxe, location du véhicule, essence), il reste 2.000 euros par mois à Emmanuel Spina, adhérent à Actif-VTC, qui affirme travaille "70 à 90 heures par semaine", soit nettement en dessous du Smic horaire. "Certains vont au-delà de 90 heures et dorment dans les voitures", dit-il.
 
Les chauffeurs s'estiment victimes de la guerre des prix qui fait rage entre les éditeurs d'applications de réservation par smartphone (Uber, Chauffeur Privé, etc.), mais aussi entre ces sociétés et les taxis.

Le mastodonte du secteur, Uber, a décidé début octobre de réduire de 20% ses tarifs à Paris, et le minimum de course est passé de huit à cinq euros. La société assure que la baisse des prix s'accompagnera automatiquement d'une hausse de la clientèle, réfutant ainsi toute diminution du chiffre d'affaires.

Robert Viennet avec AFP