Alors que les taxis continuent à manifester ce 28 janvier 2016 à Paris, Emmanuel Macron a annoncé, le même jour sur France Bleu Provence, qu'il recevra les chauffeurs de taxis et organisera dans son ministère une table ronde sur les questions du transport urbain mi-février. "J'entends les protestations, les désaccords. Je souhaite que l'on mette tout ça sur la table, que l'on trouve un terrain d'entente. Il y en a qui sont lésés de manière injuste et on trouvera des solutions", a-t-il assuré. La veille, des manifestants avaient campé sous les fenêtres du ministre de l'Économie pour réclamer sa démission...
 
Dans la soirée, Manuel Valls a repris la main et a reçu les organisations professionnelles de taxis. Il a  annoncé un renforcement dans 12 départements des contrôles visant d'éventuelles violations de la loi par des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), accusés par les taxis de concurrence déloyale. Le ministre de l'Économie a également assuré que les contrôles allaient être renforcés "pour s'assurer que les dispositions prévues par la loi Thévenoud sont bien appliquées partout et prendre en compte les signalements qui sont faits". Sont également visés par ces contrôles, les capacitaires Loti qui travaillent comme VTC.
Le Premier ministre a aussi annoncé des aides financières pour les taxis les plus en difficulté. Il pourrait s’agir d’étalements fiscaux ou de cotisations sociales.
A l’issue de cette rencontre à Matignon, plusieurs organismes ont appelé les grévistes à lever les barrages.

De plus, Emmanuel Macron a d'ores et déjà suggéré que les artisans taxis puissent bénéficier des plateformes de géolocalisation et de commande par internet des VTC. "Il faut que vous puissiez avoir aussi accès aux informations, aux clients qui sont sur ces grandes plateformes, et qu'elles ne soient pas exclusives à certains", a-t-il répondu à un chauffeur de taxi, qui l'interrogeait, précisant que le sujet serait mis sur la table lors de la table ronde de mi-février.
 
Les syndicats de taxis avaient déjà été reçus à Matignon le 26 janvier.  La proposition de Manuel Valls de nommer un médiateur (le député PS, Laurent Grandguillaume) et de lancer une concertation de trois mois "sur l'équilibre économique du secteur (...) et les éventuelles évolutions de la réglementation qui pourraient en découler" ne faisait pas l'unanimité au sein des artisans taxis. D'ailleurs, lors de la première réunion qui s'est tenue à la mi-journée le 28 janvier 2016, plusieurs syndicats de taxis avaient claqué la porte faute de réponse concrète et rapide à leurs revendications.
 
Entre-temps, le tribunal de grande instance de Paris a condamné, le 27 janvier 2015, Uber France à verser 1,2 million d'euros à l'Union nationale des taxis, une organisation qui accusait la société de VTC d'"ambiguïtés" dans sa communication. Le tribunal a confirmé que les chauffeurs d'Uber étaient "incités" à pratiquer le maraudage, ce que la loi leur interdit et que les taxis dénoncent régulièrement.
 
Florence Guernalec (avec AFP)