Après la grogne des taxis de la semaine dernière, le Premier ministre a promis de renforcer les contrôles à l'égard des capacitaires Loti qui exercent comme chauffeurs de VTC. Ceux-ci n'entendent pas céder à la pression et appellent à un rassemblement le 3 février 2016 à Paris pour pouvoir continuer à travailler avec les plateformes de réservation de VTC.

Une entorse à la loi
 
Or, un capacitaire Loti n'est pas un VTC. La loi d’orientation des transports intérieurs (Loti) le définit comme "un transporteur public routier collectif de personnes avec un véhicule de moins de dix places". Celui-ci ne peut ne peut transporter, sauf exception, que des groupes constitués "d’au moins deux personnes".
 
Concrètement, les obligations d'un capacitaire Loti sont plus souples qu'un chauffeur de VTC : formation réduite et donc moins chère (140 heures contre 250), possibilité de transporter en même temps des personnes ayant effectué une réservation distincte, pas des restrictions sur le véhicule utilisé, un employeur Loti peut recruter des chauffeurs qui n'ont pas le statut de capacitaire Loti...

Des VTC divisés
 
Or, il apparaît que de plus en plus de ces capacitaires Loti sont inscrits sur les plateformes de réservation de VTC sans en avoir légalement le droit. C'est pourquoi toutes ces plateformes ne soutiennent pas cette manifestation. LeCab, par exemple, n'appelle pas à manifester, tandis que Chauffeur Privé et Uber approuvent leur démarche. Ces dernières considèrent, en effet, qu'elles ne peuvent se passer de ces chauffeurs pour répondre à la demande de leurs clients. Quant aux chauffeurs de VTC, ils sont opposés à cette manifestation...
 
Les capacitaires Loti n'entendent pas pour autant capituler. Et de brandir la menace d'emplois détruits s'ils n'avaient plus accès aux clients des VTC. Ainsi, l'association Alternative Mobilité Transport demande "au gouvernement l’ouverture en urgence d’un vrai débat qui doit aboutir à une vraie solution pour tous [taxis, VTC, Loti]".

Florence Guernalec