Sans surprise, les VTC n'ont pas apprécié les propositions du médiateur Laurent Grandguillaume dévoilées le 26 février 2016. Dans un communiqué commun daté du 1er mars, la FFTPR (Fédération française du transport de personnes sur réservation), Voitures noires et Uber jugent "décalées" les "réponses sécuritaires" apportées et rejettent en bloc les propositions clés du député PS.

Une activité asphyxiée
 
Alors que les taxis se voient proposer des "indemnisations et des rachats de licences", les auteurs du communiqué soulignent que le médiateur promet aux VTC et Loti (chauffeurs de transport collectif, NDLR) un "renforcement des contrôles policiers" et la "création de nouvelles restrictions d'accès à la profession". Ce qui aurait pour effet, expliquent-ils, de maintenir l'"asphyxie" de leur activité économique, alors que les VTC se disent déjà victimes d'un "harcèlement policier".
 
Concernant la proposition d'un fonds de garantie pour les taxis qui cesseraient leur activité, pour compenser la dévalorisation de leur licence, la FFTPR, Voitures noires et Uber jugent qu'il serait "incompréhensible que cela soit financé par les consommateurs et les nouveaux acteurs de la mobilité urbaine".

Une atteinte aux libertés individuelles
 
Il rejettent en autre une piste visant à améliorer les contrôles, à savoir la "transmission à l'administration du détail de chaque course", "dispositif qui serait  gravement attentatoire aux libertés individuelles", et s'opposent "vigoureusement" à l'introduction d'un tronc commun d'examen entre les taxis et les VTC, qui s'apparenterait selon eux "à constituer un numerus clausus rampant".
 
De même, les auteurs du communiqué refusent l'idée d'une signalétique "inamovible et inviolable" pour les VTC et Loti, à la place de l'actuel macaron amovible, y voyant "un frein" à leur activité et "une menace immédiate pour la sécurité personnelle des chauffeurs".

10 000 emplois menacés
 
Les représentants des VTC reprochent aussi au médiateur de ne prévoir "aucun dispositif pour ces 10 000 emplois (de chauffeurs au statut Loti, NDLR) qui sont aujourd'hui menacés" et soulignent que depuis décembre "il est quasiment impossible de devenir VTC en France".

En outre, ils demandent à être placés sous la double responsabilité des ministères des Transports et de l'Economie, au lieu de l'Intérieur.
 
Néanmoins, les auteurs du communiqué reconnaissent les efforts déployés par le médiateur mandaté par le gouvernement pour "rétablir le dialogue interprofessionnel". Tout comme lui, ils sont d'accord sur le fait qu'il est nécessaire de "repenser l'équilibre d'ensemble du secteur" et que ces prestations de service "sont génératrices d'emplois".

Florence Guernalec (avec AFP)