Une étude qui tombe à pic dans cette période électorale. Le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) a réalisé pour le compte d'Uber une étude sur le poids économique des VTC (1). Ainsi, le BCG recense 22.000 chauffeurs en France en 2016 dont près de la moitié était sans activité auparavant. Au premier semestre, 15% des créations nettes d'emplois (25% en Île-de-France) proviennent, selon cette étude, de la filière VTC. Le BCG estime qu'à terme, le secteur devrait compter 80 000 chauffeurs.

Une filière qui pèse en Île-de-France
 
Le BCG, qui s'est notamment appuyé sur des données fournies par Uber, estime que le revenu net d'un chauffeur à temps plein se situe entre 1.400 et 1.600 euros par mois. Mais les deux tiers d'entre eux sont, en réalité des capacitaires Loti, aujourd'hui dans le viseur de la proposition de loi Grandguillaume puisque que le texte prévoit que ceux-ci ne pourront plus exercer l'activité de chauffeur de VTC.
 
Le chiffre d'affaires (CA) de la filière s'élève à 800 millions d'euros en 2016 (contre 15 millions en 2013). Le BCG estime, en outre, que l'écosystème direct – vendeurs et loueurs de voiture, assureurs, cabinets d'expertise comptable, centre de formation et d'examen agrées – s'élève entre 150 et 200 millions d'euros. Mais, les taxis ont vu leur activité baisser de 15% durant ces trois ans. En Île-de-France qui concentre 90% de l'activité des VTC, le secteur pèse 2% du PIB et 6% de sa croissance. Le BCG évalue qu'en 2022, le CA devrait atteindre 3,9 milliards d'euros dont 1,5 milliard de recettes fiscales.

Le combat continue
 
Bref, le message de cette étude est clair : laissez les VTC travailler et créer des emplois. Or Uber comme les plates-formes françaises représentées par la FFTPR considèrent que la proposition de loi Grandguillaume qui doit maintenant être discutée en commission mixte paritaire, est de nature à freiner leur activité.
 
Le plates-formes dénoncent
le risque d'une pénurie de chauffeurs lié notamment à l'interdiction des Loti et à un nouvel examen jugé trop difficile (cf. ) assorti d'une épreuve pratique qui va créer un goulot d'étranglement. Dans une communication datée du 17 octobre 2016, la FFTPR expliquait : "En France, notre modèle national est la réglementation toujours et partout… et peu importe que ce modèle ait conduit à d’innombrables désastres".

Florence Guernalec


(1) Méthodologie de l'étude :
Ce rapport a été préparé par BCG en collaboration avec Uber en utilisant des informations publiques et /ou confidentielles et les données fournies à BCG par Uber.
Cette étude exclut les activités de covoiturage interurbain (ex : BlaBlaCar) et urbain (ex : Heetch) effectuées par des conducteurs particuliers et non des chauffeurs professionnels (licence taxi, VTC ou salarié d'une entreprise capacitaire).
Elle s'appuie sur des statistiques de l'INSEE, des données récupérées auprès d'Uber, de la Préfecture de Police de Paris, un sondage SSI réalisé pour le BCG sur un échantillon de 786 utilisateurs de VTC à Paris, Lyon et Marseille du 10/10/2016 au 17/10/2016, une enquête quantitative auprès de 313 chauffeurs professionnels réalisée la semaine du 10/10/2016 et des rapports publics (notamment le rapport d'application de la loi Thevenoud). Les projections sont en euros constants.