"Suite à leur demande, Alain Vidalies recevra l'intersyndicale en fin de semaine prochaine", a indiqué à l'AFP le cabinet du secrétaire d'État le 23 mars 2017. L'intersyndicale (CFDT, Actif-VTC et UDCF) avait indiqué plus tôt dans un communiqué souhaiter "être reçue dans les plus brefs délais" par Alain Vidalies afin d'évoquer "l'échec" des négociations entamées avec la plateforme Uber et "commencer les discussions pour la mise en place d'un tarif minimum applicable au secteur" des VTC. Reste à savoir si le gouvernement est disposé à en arriver à cette extrêmité après avoir obtenu des concessions financières d'Uber.
 
En février 2017, le médiateur nommé par le gouvernement dans le conflit qui oppose les chauffeurs de VTC et Uber avait recommandé que le législateur agisse "au nom de l'ordre public social" pour
imposer un barème horokilométrique minimal en cas d'échec des mesures de redressement proposées par Uber. Or, la plate-forme de réservation s'est engagée à mettre en place une aide financière pour les chauffeurs qui réalisent une recette inférieure à 21 euros de l’heure avec plus de 40 heures de connexion par semaine. La réunion du 22 février 2017 entre les organisations de chauffeurs VTC et Uber avait notamment pour objet la mise en place de cette commission d'aide aux chauffeurs en difficulté.

Un blocage sur les tarifs

Malgré cette aide financière, les chauffeurs réclament toujours une hausse des tarifs des courses. Ainsi, la réunion du 15 mars 2017, demandée par les chauffeurs de VTC, avait tourné court, car Uber refuse de relever ses prix, considérant que cette mesure lui ferait perdre des clients. L'intersyndicale avait alors exigé, par courrier, une réponse d'Uber avant le mardi 21 mars 20h00 sur
leur propositions de tarifs.

Le mail d'Uber reçu mardi "ne répond en rien" à cette demande, "Uber cherche à nouveau à gagner du temps", écrit l'intersyndicale, prévenant qu'elle "suspend toutes négociations avec Uber tant que des propositions concrètes en réponse aux attentes des chauffeurs n'auront pas été communiquées". 

Des concurrents gagnants
 
Les syndicats fustigent "l'immaturité" de l'entreprise "à mettre en place un dialogue social constructif faisant avancer l'ensemble du secteur des VTC", estimant qu'Uber "porte l'entière responsabilité de l'échec des négociations". Deux autres organisations, Capa-VTC et SCP-VTC/Unsa, avaient acté l'échec des discussions dès le 15 mars 2017. 

Leader sur le marché des VTC avec 80% de part de marché, Uber a
"focalisé du désamour" des chauffeurs de VTC par une baisse unilatérale de ses tarifs et une hausse de sa commission. Des décisions qui profitent aux plates-formes françaises de VTC qui disent recevoir davantage de demandes de chauffeurs pour s'inscrire sur leur plate-forme.
 
F.G. (avec AFP)