Cette fois, le passe Navigo à tarif unique semble sur de bons rails. La région et la CCI de Paris Ile-de-France viennent de signer un "Pacte de développement économique" de quatre ans, qui prévoit notamment sa création. Pour financer cette mesure, les signataires prévoient une hausse du versement transport (VT) "qui ne saura être supérieure à 0,13% en moyenne dans les zones 1 et 2 sur la période de la convention."

Si les entreprises réunies au sein de la CCI acceptent une telle mesure, c'est parce qu'elles considèrent que son coût global sera compensé "par les économies induites sur leurs charges directes". En effet, un passe Navigo unique à 70 euros par mois conduira à une baisse des charges pour les entreprises franciliennes "comprise entre 70 et 80 millions du fait de la diminution des frais de transport pris en charge à 50% par l'employeur."

C'est vrai pour les entreprises situées en moyenne et grande couronne, au-delà des zones 1 et 2 et pour celles de moins de 10 salariés qui ne sont pas assujetties au versement transport. Celles installées en zone centrale subiront l'intégralité de cette hausse du VT. En contrepartie, les signataires souhaitent rétablir et pérenniser "l'exonération de la redevance pour création de bureaux sur les opérations de démolition-reconstruction en Ile-de-France", qui avait été supprimée en 2014.

Autant de mesures qui demandent l'intervention du législateur. C'est pourquoi la CCI et la Région ont adressé un courrier à Manuel Valls pour qu'il soutienne cette initiative et d'autres contenues dans le pacte (renforcement de l'apprentissage, accompagnement des entreprises …)

Le coût du passe Navigo à tarif unique est évalué à 300 millions d'euros par les écologistes et à 500 millions par certains experts. Il serait pris en charge prioritairement par la région "dans le cadre d'un effort de rationalisation et de redéploiement de ses dépenses" et par les entreprises situées en zone 1 et 2 à hauteur maximum de "25% du coût de la mesure totale de dézonage", expliquent les signataires dans leur lettre à Manuel Valls. Les usagers seraient également mis à contribution par "des ajustements de la grille tarifaire" sans plus de précision.

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

Robert Viennet