Le nouveau visage du système ferroviaire se met en place. Après le vote de la réforme et avant l'installation officielle des nouvelles structures le 1er janvier 2015, Guillaume Pepy et Jacques Rappoport ont présenté en interne, le 2 septembre 2014, la nouvelle distribution des cartes. Il ne manque plus que le nom du président du conseil de surveillance de l’EPIC (1) de tête SNCF - dont la nomination dépend de l'Etat - ainsi qu’un ou deux noms pour que l’organigramme du nouveau système ferroviaire soit complet.  

SNCF

Au sein du nouvel EPIC de tête, SNCF, Guillaume Pepy sera le président et Jacques Rappoport le président exécutif. Quatre grandes branches vont être installées :

1) Stratégie finances/patrimoine

Elle sera composée d’une part d’une direction stratégie et finances dont le titulaire n’a pas encore été nommé. Et d'autre part, d’une direction chargée de valoriser le patrimoine immobilier du groupe ferroviaire baptisée SNCF Immobilier, confiée à Sophie Boissard, jusqu’ici dg Stratégie de la SNCF.

2) Système ferroviaire

Un duo va se partager cette direction concentrant les compétences ferroviaires. Première surprise, Pierre Izard prendra la tête d’une direction Sécurité et qualité du système ferroviaire. Jusqu’alors dg de SNCF Infra, il était promis à devenir adjoint de Jacques Rappoport au sein de SNCF Réseau.

De même, dg adjoint chargé des opérations à RFF, Christian Cochet va quitter le gestionnaire du réseau pour prendre la tête d’une direction des audits et des risques dans le nouvel EPIC.

Les deux hommes qui pourraient être impactés par les prochains développements de l'enquête judiciaire sur les conséquences de l'accident de Brétigny vont assurer un rôle moins opérationnel qu'auparavant.

Leur duo sera complété par l’arrivée d’un homme neuf. Il s’agit du général Frédéric Castay, actuellement inspecteur des armements nucléaires, et qui deviendra inspecteur général sécurité. Son rôle ? Mener des contrôles et des audits indépendants sur le réseau.

3) Ressources humaines

Jean-Marc Ambrosini va assurer la tête de la direction RH Rail. C'est une confirmation de la montée en puissance dans la sphère ferroviaire de l’ex-conseiller social de Frédéric Cuvillier.
L’ex-DRH du groupe SNCF, François Nogué, prendra la tête d’une direction Ethique, développement humain et dirigeants.

4) Fonctions d’appui

Seront logées sous ce chapeau au moins trois métiers différents :
- la communication, qui sera dirigée par l’actuel directeur de cabinet de Guillaume Pepy, Christophe Fanichet ainsi que la veille digitale et l’innovation, confiée à Yves Tyrode.
- le secrétariat général est confié à Stéphane Volant, déjà titulaire de la fonction à la SNCF, passe à l'EPIC de tête.
- les services partagés (le responsable n'est pas encore nommé).

SNCF MOBILITES

Présidé par Guillaume Pepy, cet EPIC et ses filiales sont un avatar de l’actuelle SNCF réduite à sa fonction d'opérateur de transport.

SNCF Mobilités sera organisée en quatre silos :

1) SNCF Voyageurs

Cette nouvelle branche regroupera toutes les activités de transport ferroviaire axées sur les voyageurs. Barbara Dalibard sera directrice générale Voyageurs.

Cette importante branche coiffera les directions suivantes :
- Transilien : son directeur, Alain Krakovitch, jusqu'ici dg Sécurité et qualité ferroviaire à la SNCF. Il remplace Benédicte Tilloy qui passe à SNCF Réseau (voir plus bas).
- Régions et Intercités : Alain Le Vern reste directeur général.
- Voyages SNCF : sa directrice, Rachel Picard, va abandonner la direction des gares.
- Gares et Connexions : directeur, Patrick Ropert jusqu’ici directeur de la communication du groupe SNCF.

2) SNCF Logistique

Cette branche reprend les contours de SNCF Geodis confiée à Alain Picard. Elle est ainsi découpée :
- Geodis (logistique) dirigée par Marie-Christine Lombard.
- Transport ferroviaire de marchandises, dirigée par Sylvie Charles.
- Ermewa (gestion et location de wagons spécialisés et de conteneurs citernes aux industriels) confiée Olivier Ghesquière.
- STVA (Société de Transports de Véhicules Automobiles) dirigée par Jean-Michel Floret.

3) Keolis

Elle est dirigée par Jean-Pierre Farandou. L'organisation reste en place :
- Activités France, dirigée par Frédéric Baverez.
- Activités internationales dirigée par Bernard Tabary.
- Direction exécutive groupe corporate confiée à Michel Lamboley.

4) Perfomance

Cette branche transversale est confiée à Matthias Emmerich, actuel dg adjoint chargé des finances à la SNCF. Elle sera découpée en différentes directions :
- Développement et opérations financières, assurée par Laurent Trévisiani, jusqu’ici directeur de la stratégie groupe et dg de SNCF Participations.
- Matériel, Xavier Ouin jusqu’ici à SNCF Infra
- Service Sillons et certificat de sécurité (poste à pourvoir)
- Energie, Emmanuel Mroz.
- Direction financière, David Zindo.
- DRH, Béatrice Lafaurie.
- Direction juridique, Anne Guéniot.

SNCF RESEAU

L’EPIC gestionnaire unifié du réseau qui résulte de la transformation de RFF, sera présidé par Jacques Rapoport.Il aura à ses côtés deux directeurs généraux délégués.

 

Directeur du Matériel de la SNCF, Claude Solard devient dg délégué Sécurité, innovation et performance industrielle de SNCF Réseau. Son arrivée constitue une surprise par rapport au scénario envisagé avec Pierre Izard (voir plus haut) et Christian Cochet. 

Sous la responsabilité de Claude Solard, se trouveront les directions suivantes :
- Ingéniérie et projets assurée sans changement par Bernard Schaer.
- Maintenance et travaux, important ensemble confié à Mathieu Chabanel, jusqu'ici directeur général adjoint chargé de la commercialisation et de la planification.
- Accès au réseau confiée à Romain Dubois, jusqu'ici secrétaire général.
- Circulation, assurée sans changement par Jean-Claude Larrieu.
- Ile-de-France qui continue d'être pilotée par Yves Ramette.

Quant à Alain Quinet, qui reste dg délégué, il supervisera directement les secteurs suivants :
- RH et secrétariat général confiés à Bénédicte Tilloy qui quitte Transilien.
- Finances et achats, qui continueront d'être dirigés par Odile Fagot.
- Communication et relations extérieures qui restent de la compétence de Christophe Piednoel.

Marc Fressoz


(1) EPIC : Etablissement public industriel et commercial