Cette offre de covoiturage est "complémentaire de celle de la SNCF. Il s’agit de fluidifier le parcours client de bout en bout", a répété Barbara Dalibard, dg de SNCF Voyageurs lors d’une conférence de presse de présentation de l’offre en Ile-de-France. Le service de covoiturage courte distance lancé en septembre 2014, est ciblé sur les trajets domicile-travail et permet, notamment, de parcourir les derniers kilomètres qui séparent de la gare la plus proche.

La SNCF a décidé de mettre le paquet sur cette offre en Ile-de-France, et a déployé un plan média et des forces sur le terrain pour expliquer, aux usagers du Transilien, les avantages de cette solution qui n’est pas un concurrent de BlaBlacar, centré sur la longue distance. "Nous sommes sur un produit qui n’existe pas", a expliqué Olivier Demaegdt, dg d’iDVROOM, filiale de la SNCF, et directeur d’Ecolutis, la société qui édite la plateforme web et mobile, et travaille depuis 2006 avec les entreprises sur les trajets domicile-travail.

Des offres incitatives

Premier défi, lever les freins habituels sur le covoiturage de proximité. En effet, qui dit trajets courts, dit partage des frais peu rémunérateur. Du coup, les "autosolistes" ne sont pas incités à s’inscrire sur le site pour proposer des places dans leur voiture. Or, pour que le service soit pertinent, il faut atteindre une masse critique de trajets ouverts au covoiturage pour répondre à la diversité des demandes.

Pour donner un coup de pouce au service, iDVROOM offre, ainsi, 20 euros de réduction chez son partenaire, Norauto, dès le premier trajet effectué. De plus, la SNCF prévoit de réserver des places de parkings aux conducteurs dans 44 gares pilotes d’Ile-de-France d’ici le printemps. Cependant, la SNCF explique, exemple à l’appui sur un trajet de 20 kilomètres, qu’un covoitureur régulier peut, en réalité, économiser plus de 1000 euros par an.

La SNCF ne cible pas uniquement les trajets de et vers les gares d’Ile-de-France, elle vise également les Franciliens affectés par les travaux sur leur ligne, y compris les utilisateurs du RER C en attendant un retour à la normal du trafic. Même s’il existe des bus de substitution, Transilien propose de rembourser tous les frais de covoiturage des voyageurs, abonnés Navigo. L’entreprise a prévu, en outre, de créer des points de rencontre dans les gares afin de faciliter les rendez-vous.

Les zones d'emploi et commerciales visées

Afin d’augmenter la base d’inscrits à iDVROOM, la SNCF a également identifié, en Ile-de-France, 15 zones d’activité économique (ZAE) de 300 000 employés qui sont mal desservies par les transports en commun. Ces entreprises vont être démarchées et seront incitées à offrir 20 euros sur le compte du conducteur dès qu’il aura concrétisé un trajet avec un inscrit à la plateforme. La SNCF va donner l’exemple sur les zones d’emploi de Saint-Denis, La Défense ou encore Orly-Rungis-Vitry.

Enfin, le service a également vocation à desservir les zones commerciales. La SNCF en a identifié 15 en Ile-de-France qui sont éloignées des réseaux de transport en commun et de construire des offres incitatives en partenariat avec ces centres commerciaux à partir de février 2015.

Un service aux voyageurs

iDVROOM se rémunère sous forme de commission à la transaction sur les trajets ponctuels. Sur les parcours réguliers, l’entreprise qui gère la mise en relation des équipages et les flux d’argent, propose une offre freemium. En clair, elle facture des fonctionnalités additionnelles. "Il s’agit d’offrir un service supplémentaire aux voyageurs et de répondre à un besoin sur les derniers kilomètres", a souligné Alain Krakovitch, directeur de SNCF Transilien.

Outre l’Ile-de-France, la SNCF a décidé de faire porter ses efforts de déploiement de l’offre dans les Pays de la Loire et en Bretagne. A partir de ces expériences, elle pourra ajuster son service qui fonctionne dans la France entière. iDVROOM, anciennement 123envoiture.com, revendique une centaine de plateformes d’entreprises et de collectivités clientes qui représentent, au total, une centaine de milliers d’inscrits, mais seulement quelques milliers de particuliers. En intégrant l’offre porte à porte de la SNCF, le service de covoiturage compte bien voir le nombre d’utilisateurs décoller.