"En 2015, on accélère." C’est le mot d’ordre du président de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy, dans un contexte de mise en œuvre du groupe ferroviaire. Il s’agit, principalement, de mettre un coup de booster sur la compétitivité-coût pour permettre de baisser les prix. "La révolution des mobilités menace nos parts de marché. Si nous ne réagissons pas, nous allons perdre 1 point, puis un autre…", a-t-il ajouté, lors d’un dîner avec la presse, évoquant "la concurrence féroce" du covoiturage, de l’autopartage, de l’avion low cost... et bientôt de l’autocar. Pour parvenir à réduire les coûts d’exploitation, Guillaume Pepy compte sur son plan de performance industrielle "précis, chiffré, daté" : "Nous avons tenu nos objectifs en 2014", s’est-il réjoui. Ainsi, le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 2,4% en 2014 "en neutralisant l'effet grèves". Un résultat "tiré" par les filiales Geodis, Keolis et Systra. 

Autre motif de satisfaction, un système ferroviaire désormais intégré. "Nous avons enfin après dix-sept ans, une organisation pertinente. Elle n’est pas parfaite, elle ne résout pas les problèmes, mais elle crée les conditions pour permettre de les résoudre, a souligné Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau. Nous avons à la fois 100 % d’intégration et 100 % d’autonomie, là où c’est nécessaire."
"Nous avons la chance d’avoir une feuille de route claire, a ajouté Guillaume Pepy. Nous avons trois mots en commun : l’excellence opérationnelle, la performance industrielle, et la coopération dans un système ferroviaire réuni pour faire travailler ensemble le personnel de Réseau et celui de Mobilités pour produire de la qualité."

Parmi les projets prioritaires pour 2015 figure Eole, prolongement de la ligne E du RER qualifié d’"enjeu majeur" par Jacques Rapoport : "Aujourd’hui, l’axe Est-Ouest est à la merci d’une seule ligne (ndlr ligne A du RER)". Il a annoncé que les travaux de génie civil devraient démarrer fin 2015 ou début 2016. Le président de SNCF Réseau attend également une décision rapide concernant CDG Express, car les études sont en cours de finition.
Jacques Rapoport a confirmé une accélération des travaux de maintenance et de remise à niveau du réseau en 2015, en particulier en Ile-de-France sachant que 900 millions d’euros ont été dépensés en 2014, contre 600 millions l’année précédente et 200 millions 4-5 ans plus tôt.

Perturbations de trafic

En revanche, il reste des points noirs. Guillaume Pepy a reconnu qu’"il y avait une très forte impatience en Ile-de-France". Il a, ainsi, annoncé que le groupe allait investir 1 milliard d’euros environ sur cinq ans pour la modernisation du RER C. Autre échec, la régularité des trains en région Paca et Midi-Pyrénées. "Il y a trop de travaux, on n’y arrive pas", a avoué Guillaume Pepy.

Néanmoins, ce système ferroviaire intégré et le rapprochement des équipes déjà opéré avant même la mise en œuvre de la réforme portent déjà leurs fruits, selon Jaques Rapoport. Il a cité le cas du tram-train Nantes-Châteaubriant et de la Tangentielle Nord, deux projets remis en ordre de marche, et l’amélioration de la régularité enregistrée sur les RER B et D en 2014. Et de souligner : "Nous sommes entrés dans une logique industrielle de la production de chantiers, c’est un élément nouveau qu’on ne maîtrisait pas auparavant."

Florence Guernalec