"Je suis convaincu que le digital est le levier de transformation de l’entreprise (…) et qu’il va agir directement sur la qualité et l’efficacité de la production de transport", a résumé Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF et PDG de SNCF Mobilités lors de la conférence de presse du 10 février 2015. Ainsi, le programme #digitalsncf a été présenté comme le coup d’accélérateur pour "faire de la SNCF un transporteur digital". Guillaume Pepy a annoncé que le groupe allait y consacrer 150 millions d’euros par an les trois prochaines années. L’objectif ? Simplifier la vie de ses dix millions de clients, et de celle de ses 260 000 agents.

Big data, applis et outils

Cette qualité et efficacité passeront par une meilleure utilisation de ses données, des applis métiers et clients, mais aussi des outils comme la 3G/4G et le WiFi dans les gares et les trains ou encore l’équipement de ses agents en tablettes pour la surveillance du réseau et la maintenance. Un mot d’ordre : la co-construction. Avec les salariés, les partenaires, les utilisateurs et les clients. Yves Tyrode, à la tête de cette nouvelle direction digitale et communication, voit son rôle comme "un community manager".

Pour réussir cette transformation, la SNCF compte sur ses compétences en interne réunies au sein de sa communauté digitale, "les 574", du nom du record de vitesse obtenu par le TGV. Les centres d’expertises rassembleront dans quatre villes de France et à San Francisco, l’ensemble des acteurs du digital de l’entreprise : chefs de projets digitaux, développeurs, utilisateurs...

Chasseur de talents

Pour accélérer dans le digital, la SNCF va également s’appuyer sur des talents à l’extérieur de l’entreprise. L'entreprise va, ainsi, renforcer l’open data via les ouvertures d’API, des interfaces de programmation qui permettent aux développeurs de se connecter aux bases de données de la SNCF pour créer des applications utiles pour ses clients comme pour ses agents. Il s’agit d’accélérer l’industrialisation avec l’ouverture des données sur les horaires théoriques et réels de tous les trains, les correspondances… En outre, elle soutiendra les développeurs d’applications mobiles via le Store.SNCF, support pour la bonne utilisation de ses API, pour le design des applis et mesurer la satisfaction des utilisateurs.

L’entreprise va aussi créer, d’ici juin 2015, un fonds d’investissement, doté de 30 millions d’euros sur trois ans. SNCF Digital Ventures sera destiné à prendre des participations dans des start-up, 12 à 15 entreprises avec des tickets compris entre 500 000 à 2 millions d’euros.

La SNCF a d’ores et déjà identifié quatre projets industriels prioritaires qui seront mis en œuvre dans les 18 mois : la documentation et les procédures nécessaires à la maintenance du matériel seront dématérialisées sur tablette avec les applis métiers pour simplifier le métier des opérateurs. Idem pour l’analyse et le traitement des données liées à la maintenance du réseau. A terme, ce sont 80 000 agents qui seront équipés contre 30 000 aujourd’hui.

Autre programme prioritaire, Flux.SNCF qui va collecter, structurer et analyser les flux voyageurs afin de simplifier les services aux clients et le pilotage des activités du groupe. Et Quotidien.SNCF sera une appli mobile qui permettra aux usagers des transports urbains de faciliter leurs déplacements – information, achat de billets… Lille et Bordeaux, opérées par sa filiale Keolis, seront les premières villes à en bénéficier.

Internet pour tous

En attendant, les clients peuvent d’ores et déjà télécharger la nouvelle appli mobile, SNCF, qui regroupe l’ensemble de l’information voyageurs de tous ses trains (TER, Transilien, Intercités, TGV). Il s’agit, surtout, de proposer un trajet porte-à-porte (d’adresse à adresse) en indiquant plusieurs moyens de déplacement. Actuellement, seules dix villes sont opérationnelles.

Enfin, avec net. SNCF, l’entreprise promet la 3G/4G partout, dans toutes les gares et dans tous les trains, le WiFi en plus dans les TGV. Déploiement prévu fin 2016. Pour permettre à tout client de surfer sur Internet et de consulter ses mails, l’entreprise va notamment faciliter l’accès à ses infrastructures aux quatre opérateurs mobiles, et permettre ainsi le déploiement d’antennes relais.

La révolution des objets connectés

Guillaume Pepy a conclu la conférence de presse sur l’internet des objets, "vraie révolution pour la qualité et l’efficacité de notre production". Première application, l’équipement des locomotives et des trains en compteurs d’énergie pour favoriser une conduite économique. A terme, il imagine que ce sont des milliards d’objets qui seront connectés pour permettre un auto-diagnostic des trains, un suivi de l’état des marchandises dans la logistique ou encore faciliter l’accès à des places libres dans ses parkings...