L'ultime réunion de négociation aura duré 19 heures. Ce projet d'accord sur l'organisation du travail consacre globalement le maintien des règles internes actuelles (RTT, repos), voire les améliore (travail de nuit).
 Le texte prévoit aussi la possibilité, pour les seuls syndicats signataires, de négocier des accords dérogatoires pour répondre à des spécificités locales ou sectorielles.
 
Le projet est ouvert à la signature jusqu'au 14 juin, mais les quatre syndicats devraient rapidement consulter leurs instances internes.
 
"On a garanti le statut de roulant pour les contrôleurs de la SNCF, on a mieux défini ce qu'est le travail de nuit à la SNCF, on a encadré les temps de trajet, bref on a été au point ultime des avancées possibles, et on ne pourrait pas aller plus loin", a résumé le PDG de la SNCF Guillaume Pepy mardi sur Europe 1. Ce dernier avait dû renoncer sous la pression du gouvernement à assouplir la règlementation et à des dizaines de millions d'euros d'économies potentielles.
 
La fin de la grève ?
 
"Cette nuit on a eu des avancées, on a une protection de haut niveau" pour les salariés de l'entreprise ferroviaire, a jugé Guillaume Pepy. "Il n'y a donc plus aucune raison de faire grève pour aucun cheminot sur des motifs qui sont limités à la SNCF", a-t-il souligné en référence à la poursuite de la contestation du projet de loi travail par certains syndicats.
 
"La CGT doit apprécier les avancées de cette nuit", a-t-il déclaré au sujet du syndicat qui, avec Sud-rail et FO, continuait la grève. "Chacun doit prendre ses responsabilités, doit bien réfléchir et moi je suis combatif et confiant pour que cette grève s'arrête dans la journée", a ajouté Guillaume Pepy.
 
"Il y a un moment où, selon une formule célèbre, il faut savoir arrêter une grève", a même lancé François Hollande, dans La Voix du Nord, mardi 7 juin, au septième jour de cette grève illimitée.
 
En attendant, le trafic va rester perturbé mardi avec en moyenne quatre Intercités sur dix, un Transilien et RER sur deux, deux TGV sur trois et six TER sur dix, selon les prévisions de la SNCF.
 
La fin des négociations ?
  
L'issue du conflit repose essentiellement sur la CGT-cheminots, premier syndicat à la SNCF, qui a le pouvoir d'opposer un veto – avec Sud-rail – au texte que l'Unsa et la CFDT devraient signer.
  
Au niveau de la branche, les syndicats ont jusqu'à mercredi 8 juin pour signer un projet d'accord sur une première convention collective commune aux salariés du rail, privé et public. A ce niveau aussi, la CGT et Sud sont aussi en mesure, avec FO, de s'opposer au texte.

Florence Guernalec (d'après AFP)