"Les lignes d'autocars ont le succès espéré. Quand on regarde ce qui a été fait en Allemagne, nous progressons largement au même rythme." Emmanuel Macron a profité des annonces faites par Ouibus, ce 5 juillet 2016 à la gare routière de Bercy, pour prendre le pouls d'une activité libéralisée par sa loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques.

L'occasion pour le ministre venu en voisin (mais en voiture), de vérifier auprès des voyageurs en partance pour Toulouse que le succès des lignes d'autocar longue distance n'est pas un simple feu de paille : "Aujourd'hui, ce sont plus de 200 villes qui sont desservies, 1.000 liaisons déployées et 3 millions de français qui ont emprunté un autocar depuis septembre 2015", a-t-il déclaré, visiblement satisfait de l'impact de sa loi, et qui n'est pas surpris par le mouvement de consolidation du secteur qui a vu Starshipper rejoindre Ouibus et Flixbus racheter Megabus : "Il y a une consolidation, c'est normal comme dans tous les secteurs de l'économie".

Doublement de l'offre Ouibus

Des chiffres qui devraient être largement dépassés en 2016 au rythme où les opérateurs déploient leurs services. Ainsi, Ouibus, fort de son partenariat avec Starshipper, double son nombre de destinations qui passent à 120 et multiplie son offre par quatre, avec plus de 1.500 trajets quotidiens disponibles contre 400 jusque-là. La majorité de ces nouvelles lignes sont des transversales de province à province comme Nantes-Saint-Malo dans l'Ouest, ou Marseille-Bordeaux (via Montpellier, Béziers, Toulouse) dans le Sud-Ouest, ou bien encore Lyon-Toulon via Valence Montélimar Avignon et Aix.

Quarante-et-une lignes estivales supplémentaires vers les plages viennent compléter celles déjà ouvertes en juin. Elles fonctionneront jusqu'au 4 septembre 2016. Certaines pourraient perdurer au-delà de l'automne si la demande est là : "Nous devons être le plus agiles possible et nous adapter à la demande quasi en temps réel", indique Roland de Barbentane, directeur général de Ouibus.

Ces nouvelles liaisons seront opérationnelles le 25 juillet mais sont d'ores et déjà réservables sur ouibus.com. L'occasion pour la filiale de la SNCF "d'enrichir l'expérience de voyage de ses clients" en intégrant dans son application mobile de nouvelles fonctionnalités comme la localisation en temps réel des bus, ou la recherche d'itinéraire pour se rendre dans les gares routières. Début août, l'opérateur proposera en partenariat avec Sony Pictures et FnacPlay le téléchargement de films à prix réduit en complément de l'achat d'un billet.

Améliorer l'expérience client

De quoi améliorer encore le taux de remplissage moyen des cars de Ouibus qui, selon Roland de Barbentane, atteint déjà les 60%, alors
qu'isilines évoque 30%, et Flixbus 50%.

Cette réactivité de Ouibus est dûe au rapprochement avec Starshipper mais aussi au modèle économique de l'opérateur qui n'exploite plus en propre que 20% des liaisons, 50 % étant du fait des partenaires autocaristes
et 30% de Starshipper.

Pour la rentabilité, il faudra attendre encore un peu. "Certaines de nos lignes sont d'ores et déjà rentables, d'autres pas encore. Nous nous sommes fixés comme objectif d'être à l'équilibre d'ici trois ou quatre ans", assure Roland de Barbentane. Pour ce faire, les tarifs devraient augmenter progressivement pour dépasser les actuels 4 centimes/km et par voyageur en moyenne tout en restant sous les 8 centimes du covoiturage.

"Il faut que tout le monde puisse vivre. Le juste prix, c'est celui qui permet de conserver l'attractivité de ce secteur en plein développement dont le grand concurrent est le covoiturage",  a résumé Emmanuel Macron.
 
Robert Viennet