Le directeur général de SNCF Immobilier, Benoît Quignon, avait donné rendez-vous  à la presse dans une ancienne halle de messagerie sur le site Gare de Lyon Daumesnil dans le XIIe à Paris. L'emprise de 6 hectares va faire l'objet d'une transformation complète : rénovation des fonctions de support liées à la Gare de Lyon (avitaillement des commerces et des TGV), création d'un espace de logistique urbaine, de 600 logements, de 45 000 m2 de bureaux, d'une école et d'une crèche ainsi que d'un jardin de 1 hectare...  
 
Un projet emblématique de l'activité de SNCF Immobilier qui gère le patrimoine de Mobilités et Réseau. Cela représente un total de 20 000 hectares d'emprises foncières dont 3000 urbanisables (qui n'ont plus d'utilité ferroviaire) et 100 000 logements via sa filiale ICF Habitat. En 2015, la structure a généré 250 millions d'euros de cash dont 140 millions en cessions immobilières, le reste provient de revenus récurrents liés aux loyers.

Un plan de transformation sur dix ans
 
La feuille de route pour les dix années à venir de SNCF Immobilier a été validée voici quelques semaines par les trois EPIC (celui de tête, Mobilités et Réseau). La structure assure trois missions :
- optimiser le parc d'exploitation de la SNCF (tertiaire, industriel et ferroviaire) avec pour objectif de réduire la facture des loyers tertiaires de 22% d'ici à 2026 ;
- mobiliser le foncier ferroviaire au service d'un développement urbain innovant (34 projets lancés, réalisés ou programmés sous dix ans, soit 150 hectares) ;
- développer le logement – social et intermédiaire – 19 000 logements construits dont 2700 sur foncier ferroviaire, 16 900 réhabilités et 17 400 cédés d'ici à 2026
 
Ainsi, Benoît Quignon a notamment pour mission de réduire les charges annuelles des 26 000 bâtiments et 12 millions de m2 qui représentent aujourd'hui un coût de près de 1 milliard d'euros par an. Il s'agit de locaux d'activité dispersés, énergivores dont la moyenne d'âge est de 74 ans.

Un parc d'exploitation à optimiser
 
Mieux produire au service des activités du groupe SNCF passe par une flexibilité et une maîtrise des coûts pour les locaux tertiaires :
- mobilisation de moins de mètres carrés mais de meilleure qualité ;
- réduction du nombre d'implantations ;
- optimisation des conditions économiques de détention (loyers)
 
Quant aux locaux industriels, SNCF Immobilier travaille sur la remise à niveau et la rationalisation des sites (poursuite des mises en conformité, mise en œuvre de la loi de transition énergétique, construction et mise en œuvre de schémas directeurs immobiliers et d'implantation...).

Des programmes déjà bien avancés
 
Le programme a déjà commencé avec, par exemple, l'ouverture du nouveau technicentre de Rennes. Auparavant, les activités industrielles étaient réparties sur 25 bâtiments contre un seul flambant neuf aujourd'hui qui permet à la fois d'améliorer la productivité des équipes et de réduire les emprises ferroviaires. En 2016, SNCF Immobilier a prévu de lancer les appels d'offres pour la construction des nouveaux technicentres de Vénissieux et de Romilly-sur-Seine.
 
SNCF Immobilier a également planifié l'ouverture de résidences hôtelières du rail nouvelle génération (résidences courte durée des cheminots à proximité des gares) à Rennes en octobre 2016 et à Nice en 2017. De plus, SNCF Immobilier va poursuivre le déploiement des capteurs IoT sur l'ensemble du patrimoine afin d'identifier les lieux où il convient de réduire la consommation d'énergie.

L'innovation au service de la transformation
 
Enfin, SNCF Immobilier a signé, cet été, un accord de recherche avec le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Ce partenariat de trois ans reconductible est dédié à l'optimisation du patrimoine architectural et urbain : le BIM (modélisation des données du bâtiment) bâtiment et la maquette numérique urbaine, l'acoustique et les vibrations, la stratégie énergétique à l'échelle de l'ilot et du quartier, l'analyse du cycle de vie des matériaux et les impacts carbone... L'objectif ? Déployer des innovations techniques et technologiques dans le futur développement des projets urbains et immobiliers. Les premières expérimentations auront lieu à Ordener à Paris et Bordeaux.
 
En attendant, la transformation urbaine du site de Gare de Lyon Daumesnil, le lieu va devenir un site artistique temporaire à l'instar du dépôt La Chapelle (Grand Train). Une ouverture au grand public avant la création d'un nouveau quartier. Pour SNCF Immobilier, il ne s'agit pas seulement d'inventer de nouveaux usages à des bâtiments, de créer et transformer l'offre de logements mais aussi et surtout d'accompagner la transformation de la SNCF.
 
 Florence Guernalec