"Pour changer de braquet, le président [Guillaume Pepy] a ainsi annoncé le lancement du programme 4x5%, soit des coûts hors production en baisse de 20% en 4 ans. C'est le double du rythme actuel", précise la note de synthèse de la première journée du séminaire annuel des cadres de la SNCF, qui réunissait "800 managers venus de France et du monde entier".
 
Cet objectif inclut "tout le groupe", y compris les filiales de transports urbain Keolis et de logistique Geodis. Mais "le gras n'est pas chez eux", a indiqué à l'AFP un des participants de ce séminaire, expliquant que l'effort concernera surtout la branche ferroviaire, ou les réorganisations successives ont créé de nombreux "doublons".
 
Fermer les robinets et colmater les fuites

"Toutes les fonctions support" seront passées au tamis, des ressources humaines à l'informatique en passant par la communication et les finances, a-t-il ajouté, sans préciser le montant de ces économies supplémentaires. Selon cette source, ce tour de vis a été justifié ainsi par Franck Lacroix, directeur des TER depuis le début de l'année: "Lorsqu'on veut baisser les coûts et faire des économies, la priorité est de fermer les robinets et de colmater les fuites".

La note interne diffusée aux cadres désigne d'autres "leviers" pour améliorer la "discipline financière" de la SNCF, à commencer par "la maîtrise de la croissance de la dette", dont le niveau abyssal ne cesse de se creuser : 8,2 milliards d'euros fin juin pour la branche Mobilités (transports de voyageurs et de marchandises) et 44,1 milliards pour la branche Réseau (construction et entretien des voies ferrées).

Le groupe veut dans le même temps augmenter la rentabilité de ses activités, qui "doit encore progresser pour atteindre les meilleurs standards du marché".
 
AFP
 
 
 
Accord SNCF-DB sur le digital
 
Les deux groupes ont signé, le 20 septembre 2016 sur le salon InnoTrans, un protocole d’accord pour associer le savoir-faire et l’expérience de leurs groupes dans le digital afin d’ouvrir à leurs clientèles respectives de nouvelles perspectives et de les satisfaire plus encore à l’avenir. Les deux partenaires prévoient d’encourager l’innovation en créant des événements communs, et en s’accordant sur les thèmes et défis qui nécessitent l’apport d’experts en technologies.
 
"La révolution digitale est désormais en marche. Aussi nos entreprises doivent-elles être aussi fortes que possible – surtout face aux enjeux auxquels nous sommes confrontés au quotidien dans nos opérations et pour les services clients, déclare Guillaume Pepy dans le communiqué. C’est là tout l’objet de notre nouvel accord de coopération avec Deutsche Bahn, un accord qui couvre des thèmes variés, de notre mode de coopération avec les start-up aux solutions industrielles connectées, en passant par la connectivité embarquée et les automatismes à bord des trains (projet Automatic Train Operation). En travaillant ensemble, nous servirons non seulement les intérêts des usagers SNCF et DB, mais aussi ceux de la communauté de la mobilité dans son ensemble."
 
Un autre objectif consiste à identifier les critères à remplir pour la transmission de données numériques dans le secteur du rail. Les compagnies ferroviaires visent à définir des bases claires pour collaborer avec l’industrie des télécommunications et améliorer la connectivité, aussi bien pour les clients que pour les équipes.