L'ouverture simultanée de deux lignes à grande vitesse (LGV), qui interviendra le 2 juillet 2017, va entraîner une série de changements. Tout d'abord, les LGV Paris-Bordeaux (gain de quatre-vingts minutes) et Paris-Rennes (trente-neuf minutes) vont permettre des gains de temps vers près de 60 villes françaises – pour l'Océane : Poitiers, Angoulême, La Rochelle, Bayonne, Pau, Toulouse, par exemple ; pour le TGV Ouest : Saint-Brieuc, Saint-Malo, Lorient, Brest, Quimper, par exemple.
 
Une bonne articulation TGV-TER
 
L'entrée en service de ces deux LGV va également entraîner le changement de pas moins de 10.000 horaires de trains, soit près de 50% des horaires de trains en France. La SNCF explique qu'elle a construit, en lien avec les Régions, les nouveaux horaires. L'objectif est "... que les gens puissent le matin aller attraper un TER plus un TGV, et à l'inverse le soir un TGV puis un TER pour rentrer chez eux", explique la DG de Voyages SNCF, Rachel Picard, dans une interview à l'AFP. Les premiers trains partent pour Paris entre 05h00 et 05h36, et les derniers arrivent à Bordeaux, Rennes ou Nantes entre 23h50 et 00h24.
 
La SNCF met aussi en place le cadencement sur ces deux lignes à grande vitesse avec un TGV toutes les heures, et même toutes les trente minutes aux heures de pointe, sur Bordeaux (33,5 A/R par jour dont 18,5 sans arrêt), Rennes (28,5 A/R dont 12,5 sans arrêt) et Nantes (19,5 A/R dont 1/3 sans arrêt).
 
La SNCF augmente ainsi l'offre sur Paris-Bordeaux avec, au total, 35.000 places par jour, soit cinq fois plus que l'aérien et près de 30.000 sur Paris-Rennes. La SNCF compte attirer 2,4 millions de voyageurs supplémentaires par an sur l'axe Paris-Bordeaux et 1,6 million sur Paris-Rennes.
 
Des tarifs étudiés
 
La SNCF promet, en outre, plus de confort à bord et une meilleure qualité de service. Le TGV L'Océane va bénéficier, au total, de 55
rames toutes neuves plus ergonomiques, à raison d'une nouvelle rame mise en service par mois jusqu'en 2021, et du wi-fi à bord. Le TGV Ouest sera rénové. Le nouvel accueil embarquement sera mis en place à partir du 2 juillet 2017.
 
La SNCF promet aussi des prix attractifs.  " [...] Ma volonté depuis le début c'est que la grande vitesse reste un mode de transport populaire, donc accessible, avec un objectif, c'est de remplir nos trains, et donc de faire voyager nos clients plus souvent et le moins cher possible", a expliqué Rachel Picard à l'AFP. Ainsi, la hausse des billets liée à l'arrivée de la LGV sera limitée à 6 euros sur Paris-Rennes et à 10 euros sur Paris-Bordeaux. "L'évolution des prix sera toujours inférieure au gain de temps", a précisé Rachel Picard.
 
Des billets à petits prix démultipliés
 
Parallèlement, la SNCF va amplifier sa politique de billets à petits prix malgré
la suppression de l'offre iDTGV. Ainsi, la compagnie annonce un doublement du volume de billets Prem's sur TGV Atlantique – à partir de 20 euros sur Rennes et Nantes, et de 25 euros sur Bordeaux et Toulouse.

Ouigo, l'offre low cost de la SNCF, va aussi permettre de démultiplier le volume de billets à petits prix. Dès le 2 juillet, Ouigo desservira Bordeaux à raison de deux allers-retours par jour, soit près de 900.000 places sur le second semestre 2017. La SNCF va développer Rennes avec deux circulations supplémentaires, soit 750.000 places sur la même période. Nantes conserve ses 400.000 places Ouigo.

Enfin, l'opérateur historique promet des billets à la dernière minute à des prix compétitifs sur les trains les moins demandés :
- 35 euros pour Paris-Rennes et Paris-Nantes ;
- 40 euros pour Paris-La Rochelle, Paris-Saint-Malo et Paris-Brest,
- 45 euros pour Paris-Bordeaux, Paris-Quimper ;
- 49 euros pour Paris-Toulouse et Paris-Côte basque.
 
Concurrencer l'avion
 
La SNCF n'a pas oublié sa clientèle pro. "Il nous faut [attirer] les clientèles plus contributives [ndlr : ceux qui paient leur billet plus cher, les professionnels notamment]", explique Rachel Picard. Outre une offre cadencée, la compagnie lui promet :
- plus de confort avec des fauteuils plus larges et davantage de places pour les jambes ;
- plus de connectivité avec des prises électriques, le wi-fi et une connexion 3G/4G ;
- plus de services avec l'accès à des salons Grands Voyageurs rénovés à la Gare Montparnasse et Bordeaux Saint-Jean, une appli TGV pro qui permet d'orienter les clients en gare et une file d'embarquement dédiée.

"Mon objectif personnel sur Bordeaux, c'est d'aller prendre 100% de la clientèle aérienne", annonce Rachel Picard à l'AFP, car les prix resteront toujours moins chers que l'aérien.
 
Florence Guernalec