Quand Gérard Collomb, maire de Lyon et président du Grand Lyon et Michel Mercier, président du conseil général du Rhône, annoncent début décembre 2012 que le département abandonne toutes ses compétences au Grand Lyon, la surprise est totale.



Les deux vieux renards politiques du Rhône ont tout manigancé sans en informer les autres élus, même si Michel Mercier (qui a démissionné de la présidence du département le 5 janvier 2013) s'en défend : "C'est le Parlement qui créera la métropole européenne dans le cadre de la future loi de décentralisation. Ce n'est pas un accord passé entre deux personnes", explique-t-il dans l'interview accordée à Transport Public et MobiliCités.


Il n'empêche, cette annonce a fait l'effet d'une bombe dans la région, surtout pour ceux qui défendent becs et ongles le niveau départemental dans le millefeuille institutionnel français. Car si le département du Rhône ne cède que 15% de son territoire (les 500 km2 du Grand Lyon) il ne regroupera plus que 400 000 habitants contre 1,7 million avant l'accord avec Lyon.

 
Quel impact pour les transports ?



Résultat de ce chambardement sur l'organisation des transports publics, le Grand Lyon sera l'unique pilote sur son territoire, reprenant au passage l'exploitation de Rhône Express, le tramway qui relie la gare de la Part Dieu à l'aéroport Saint-Exupéry. Par la même occasion, le département se retirera du Syndicat des transports de l'agglomération, le Sytral.


Mais il faut bien continuer à organiser les transports interurbains des 400 000 habitanst du Rhône dispersés dans le Beaujolais et les monts du Lyonnais. D'où la création à l'initiative de Michel Mercier d'un syndicat mixte type SRU avec la communauté d'agglomération de Villefranche-sur Saône. Première décision, restructurer en profondeur l'offre de son réseau de transport public. 
En juillet 2013, les lignes départementales seront systématiquement rabattues vers les gares TER ou vers les stations de métro aux entrées de l'agglomération lyonnaise pour éviter les doublons avec le réseau urbain.


De son côté, le Grand Lyon tourne son regard vers les trois grandes agglomérations voisines de Rhône-Alpes : Saint-Etienne (Loire), Vienne et l'Isle d'Abeau (Isère). Toutes trois situées sur l' aire métropolitaine lyonnaise, mais dans des départements différents. 
Ces quatre agglomérations ont également créé un syndicat mixte de transport qui contrairement à celui du Rhône, n'aura pas une vocation opérationnelle. Il se contentera de coordonner les différents réseaux urbains et gérer l'intermodalité, avec pour objectif de créer une carte unique de transport. Logiquement, la région Rhône-Alpes compétente pour les TER, est partie prenante dans ce syndicat mixte qu'elle préside.

 
Deux syndicats mixtes et deux versements transport


Deux syndicats mixtes de transport, ça fait un peu désordre même si leurs territoires se recoupent peu et qu'ils n'ont pas la même vocation. Michel Mercier avance une solution : "Je souhaite vivement voir la création d'un seul syndicat qui réunirait le Grand Lyon, la Région et le département. Un peu à l'image du modèle francilien". Peut-être une prochaine et ultime étape dans la réorganisation des transports rhodaniens.


Là où ces deux syndicats se rejoignent, c'est dans leur volonté de créer un versement transport additionnel. Pour le département, il sera au taux de 0,5% sur l'ensemble de son territoire, pour celui de l'aire métropolitaine lyonnaise, le taux n'est pas encore connu, mais il sera prélevé sur le territoire des quatre agglomérations concernées. Or, elles sont déjà assujetties à un versement transport urbain. Le Medef local n'a pas encore réagi...
 
Robert Viennet